Quartiers numériques : sur les traces de la Tech City londonienne

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Dans un rapport remis au gouvernement, Jean-Pierre Jouyet, président de la Caisse des dépôts et consignations, formule une série de recommandations autour des futurs “quartiers numériques”.

Dans un rapport remis au Premier ministre le 28 juin dernier, le président de la Caisse des dépôts et consignations Jean-Pierre Jouyet a formulé une série de recommandations autour des futurs “quartiers numériques”.

Ces zones urbaines entrevues comme des pépinières de start-up technologiques sont censées restaurer la compétitivité de la France dans l’univers numérique et renforcer son attractivité internationale.

Le gouvernement leur a alloué une enveloppe de 200 millions d’euros dans le cadre des “Investissements d’avenir”.

Des préconisations de Jean-Pierre Jouyet se dégagent trois enjeux majeurs : mettre lesdits “quartiers numériques” en réseau à l’échelle du territoire et au niveau mondial ; puis identifier et promouvoir les entreprises à fort potentiel ; enfin, faciliter la vie des entrepreneurs et l’investissement dans les start-up.

Faire de la France une destination de choix pour les sièges de multinationales impliquera, selon le président de la Caisse des dépôts et consignations, la mise en place d’un dispositif de pilotage regroupant tous les échelons métropolitains, avec des mesures fiscales et une gouvernance adaptées.

Illustration avec la Tech City de Londres, qui s’est imposée comme la tête de pont de la Silicon Valley en Europe.

Plusieurs paradoxes régissent néanmoins le développement de tels écosystèmes numériques.

En premier lieu, “l’hyperlocalité” (concentration géographique) de ces derniers contraste avec les possibilités qu’offre Internet dans la conception, le développement, l’optimisation et la vente de produits.

Il existe un autre facteur d’ordre temporel : la combinaison complexe d’un processus non dirigé, itératif, à rétroactions courtes et des marchés à transformer, processus dont émergent constamment de nouveaux projets.

A cet égard, Jean-Pierre Jouyet recommande de mettre en réseau les “quartiers numériques” d’excellence, en les labellisant selon “une démarche exigeante et ouverte à toutes les métropoles”… et qui distingue le financement de l’immobilier de celle de l’exploitation des bâtiments étendard.

La compétition doit aussi passer par les capitales et leur capacité à attirer talents, entrepreneurs locaux et étrangers et fonds d’investissement puissant : d’où la nécessité de faire de Paris un vitrine, un “hub” interconnectant les “quartiers numériques” régionaux.

Il faudra également s’assurer de déployer, dans ces zones stratégiques, des infrastructures télécoms performantes, notamment en menant dès à présent des expérimentations sur la fibre optique à 1 Gb/s, le LTE-Advanced et le Wi-Fi 802.11ac.

Jean-Pierre Jouyet conseille par ailleurs de sélectionner chaque année une dizaine de “Tech Champions” à fort potentiel en leur dédiant les moyens de promotion et d’accès aux ressources.

Il estime aussi que pour assurer le développement à l’international, l’ensemble des acteurs gagneraient à se fédérer sous une même identité qui incarne “la puissance et l’ambition numérique françaises”.

A la suite de quoi l’initiative devra être mise en réseau avec d’autres capitales numériques, en priorité européennes.

Les premiers labels “quartiers numériques” devraient être délivrés d’ici la fin de l’année 2013, avec l’Ile-de-France en première ligne.

Les quartiers numériques s’ajoutent au projet “Paris Capitale Numérique” prévoyant notamment la transformation de la Halle Freyssinet en incubateur de start-up.

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Crédit photo : Dvpodt – Shutterstock.com


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