Quatre prétendants pour un record

Mobilité

Motorola a choisi d’utiliser un nouveau matériau pour diviser par 3 la largeur de ses transistors. Mais ils ne sont pas seuls dans la course au titre de plus fins transistors de la planète.

Qui détient le record du monde du plus petit transistor, ce minuscule interrupteur à commande électrique dont l’assemblage par millions donne naissance aux puces électroniques? En septembre dernier, le Leti du CEA, à Grenoble, annonçait un transistor de 20 nanomètres. Mi-novembre, les Bell-Labs, bras de la recherche de Lucent, avaient crié victoire à leur tour, avec un nouveau type de transistor vertical de 50 nanomètres (Voir notre édition du 16 novembre 99). Quelques jours plus tard, l’université de Berkeley revendiquait le titre avec une largeur de 18 nanomètres pour son transistor fiché comme un pieu au coeur du silicium au lieu d’être déposée au-dessus (Voir notre édition du 23 novembre 99). Quant à Motorola, il s’est contenté d’expliquer, le 1er décembre, que l’utilisation d’un nouveau matériau isolant à base de strontium lui avait permis de fabriquer des transistors 3 à 4 fois plus petits.

Aujourd’hui, les composants sont fabriqués à l’aide de transistors de 180 nm pour les meilleurs, et 250 nm pour la génération précédente. Autrement dit, l’utilisation d’un nouvel isolant par Motorola place son transistor dans la gamme des 50 nanomètres. Alors que les autres chercheurs n’ont fourni aucune indication sur la durée nécessaire pour l’industrialisation de leur procédé, Motorola espère y parvenir d’ici 5 ans. D’ici là, un chercheur malicieux aura peut-être choisi de concevoir des transistors de laboratoire de 10 nanomètres, verticaux, fichés dans le silicium et enrobés d’un isolant dérivé de strontium…


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