Que reste-t-il de la nouvelle économie ?

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La nouvelle économie est, à tort, associée à la spéculation financière qui s’est développée autour de start-up Internet. Elle désigne en réalité le développement des échanges électroniques interentreprises, permis par des innovations techniques comme l’émergence de standards basés sur XML. En utilisant l’un d’eux, RosettaNet, Intel prouve que de substantiels gains de productivité sont à la clé.

Pour beaucoup, le terme de nouvelle économie se confond avec la pléthore de start-up ayant réussi à séduire les investisseurs sur la base de modèles économiques supposés inédits et de la déconfiture boursière qui s’est ensuivie. De là à enterrer la nouvelle économie, il n’y a qu’un pas qu’il serait erroné de franchir. Car la nouvelle économie ne se réduit pas au succès ou à l’échec de quelques valeurs phares du Nasdaq déployant une activité de commerce en ligne et à la spéculation financière qu’elles ont suscitée. Elle réside plutôt dans les gains de productivité créées par la dématérialisation des échanges interentreprises, laquelle est facilitée par des innovations techniques : la généralisation de TCP/IP comme protocole universel de réseau et l’émergence de standards d’échanges commerciaux basés sur XML, permettant d’automatiser les interactions entre les systèmes d’information des divers acteurs d’une même chaîne de valeur.

Ainsi comprise, la nouvelle économie concerne toutes les entreprises et elle se porte plutôt bien. Jugez-en : le fondeur Intel a récemment révélé qu’il réalisait des transactions commerciales électroniques avec ses fournisseurs et clients pour un montant total de 5 milliards de dollars, représentant 10 % de son chiffre d’affaires total, à l’aide de RosettaNet voir édition du 5 septembre 2002, standard XML dédié aux entreprises du secteur de l’informatique et de l’électronique. L’objectif d’Intel, à long terme, est de réduire de 500 millions de dollars les coûts relatifs aux échanges commerciaux avec ses fournisseurs. Ces économies seront réalisées grâce à l’abandon progressif des technologies d’EDI classiques de type Edifact, qui existent depuis plus de vingt ans, au profit de RosettaNet. L’EDI traditionnel nécessite en effet de passer par le réseau à valeur ajoutée d’un opérateur, ce qui est fort coûteux, alors que les formulaires commerciaux conçus à l’aide des standards développés en XML transitent via Internet. En outre, la mise en place de traducteurs Edifact reste toujours un projet lourd et complexe?

Des standards propres à chaque métier

Au regard des bénéfices obtenus par Intel, il reste aux entreprises d’autres secteurs à s’organiser afin de développer des standards propres à leur métier. A moins que, d’ici là, de nouvelles innovations viennent changer la donne. On attend avec impatience ebXML, développé sous l’égide des Nations Unies, qui a vocation à être le standard générique des échanges commerciaux (RosettaNet en serait, en somme, un sous-ensemble). A moins que l’arrivée des services Web ne renouvelle ces problématiques dans le sens d’une simplification de l’intégration interapplicative. A voir… C’est en tout cas autour de ces questions que se situe le véritable enjeu de la nouvelle économie.


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