Que serait Oracle sans Ellison ?

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Lors de la conférence OracleWorld de San Francisco, le patron d’Oracle, Larry Ellison, s’est montré fidèle à sa réputation : il continue de vouloir racheter Peoplesoft et a, fidèlement à la tradition, dénigré ses concurrents Microsoft et IBM.

Lors de son discours d’ouverture, Ellison a répété qu’Oracle projette toujours de racheter Peoplesoft. C’est en juin qu’Oracle a lancé une offre de reprise hostile, mais seul un petit nombre d’actionnaires de Peoplesoft s’est montré intéressé. Depuis lors, Oracle a déjà prolongé quatre fois son offre, et il est possible que son dernier report soit même prolongé jusqu’au 17 octobre. Ellison a refusé de répondre à la question de savoir s’il envisageait aussi de verser plus que les 19,50 dollars par action qu’Oracle propose actuellement. Comme Wall Street réagit de manière positive à la fusion entre Peoplesoft et JD Edwards, le cours de l’action de Peoplesoft est en augmentation constante. Hier, elle a clôturé au Nasdaq à 18,82 dollars. Plus le cours des actions grimpe, moins il est intéressant pour les actionnaires de les vendre à Oracle. Conway, le patron de Peoplesoft, a déjà annoncé la semaine dernière que la saga Oracle-Peoplesoft était terminée (voir édition du 28 août 2003).

Le grid computing à l’honneur

Ellison a aussi beaucoup insisté sur le fait qu’Oracle se focalise maintenant sur le grid computing. Celui-ci implique que toute la capacité des serveurs soit exploitée en les interconnectant en réseau et en leur faisant exécuter en commun différentes tâches. Aujourd’hui, on travaille encore souvent avec des serveurs individuels par application, de sorte que nombre de serveurs ne fonctionnent pas pendant de longues périodes. En combinant les serveurs, il est possible d’économiser sur le matériel, alors que, dans le même temps, la fiabilité des réseaux informatiques augmente. Oracle va adapter sa base de données et son serveur d’applications au grid computing. Des entreprises comme IBM, HP et Microsoft montrent également de l’intérêt pour ce concept mais, selon Ellison, dans le cas d’IBM, ce serait uniquement pour écouler davantage de serveurs. D’après lui, le grid computing est la plus importante invention depuis qu’IBM a lancé l’ordinateur central (mainframe) il y a quarante ans. Microsoft ne fait rien d’autre que copier, dit Ellison, et tire davantage d’inspiration du musée d’IBM que de ses laboratoires.

Malgré tout le charisme d’Ellison, les spécialistes américains se font de plus en plus de souci à propos de l’avenir d’Oracle sans son patron. En raison de son acharnement, Ellison a en effet toujours réussi, ces dernières années, à évincer de la société tous les candidats successeurs, tels Ray Lane ou Gary Bloom. Il est aussi passionné de sports à risques, comme les régates, et voue une passion aux voitures rapides. Ellison approche de la soixantaine et a affirmé, il y a deux ans déjà, que l’industrie informatique était en train de devenir ennuyeuse.


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