Quel est le premier ordinateur personnel 64 bits ?

Mobilité

Grosse polémique sur la Toile ces jours-ci : après l’annonce par Apple de la commercialisation du “premier ordinateur personnel 64 bits”, la communauté informatique s’est insurgée contre ce qui est jugé comme une interprétation de l’Histoire. Peut-être une simple question de terminologie…

Steve Jobs peut se vanter d’avoir mis le feu aux poudres ! De manière intentionnelle ou non, l’antienne retenue pour qualifier le dernier PowerMac G5 – “premier ordinateur personnel 64 bits” – semble avoir fait mouche : le Web est le théâtre d’une joute verbale sans fin autour de la date de naissance du premier ordinateur personnel 64 bits ! “Apple peut toujours se vanter d’en avoir la paternité. La vérité, c’est que la société BOXX a livré le premier ordinateur personnel 64 bits le 4 juin dernier”, précisait déjà en substance, le lendemain de la présentation du G5, un inconditionnel d’AMD (voir édition du 25 juin 2003). Le premier processeur professionnel de ce fondeur, l’Opteron, équipe la machine, dénommée 3DBOXX M4. Il faut dire qu’en claironnant que le PowerMac G5 était le premier ordinateur personnel 64 bits, Apple était sûre de soulever la controverse : les machines 64 bits existent depuis le début des années 90 et les microprocesseurs disponibles n’ont pas manqué, des Alpha aux MIPS en passant par les UltraSparc, le Power4 ou l’Itanium. Mais tous ont jusqu’à présent été rangés dans la catégorie des serveurs ou des stations de travail, pas celle des ordinateurs personnels !

Question de nomenclature

Pris dans le maelstr|m marketing lancé par la Pomme à l’occasion de la conférence des développeurs (voir édition du 24 juin 2003), Jon Rubinstein, vice-président chargé du matériel chez Apple, et Chekib Akrout, directeur de la branche PowerPC et réseaux d’IBM, avaient déjà eu du mal à clarifier le positionnement de la machine, après que Charlie White du site Digitalvideoediting.com leur a demandé ce qu’ils pensaient du 3DBOXX M4. Ordinateur de bureau ou non ? Une question insidieuse car sur le site de BOXX, la machine est bien estampillée “Station de travail”. “Ce n’est pas un ordinateur de bureau”, avait alors répondu le responsable d’IBM, sûr de lui. La réponse, lapidaire, soulève effectivement la question des définitions ayant trait à l’informatique : l’introduction de machines plus puissantes, disposant de cartes graphiques très performantes, de presque toutes les technologies disponibles sur ce qui était habituellement considéré comme une station de travail, brouille la frontière entre les échelles de valeurs.

Le PC commercialisé par BOXX se différencie également par son prix : comparativement au PowerMac G5, un écart de près de 1 000 dollars (872 euros) existe entre les deux entrées de gamme, en faveur d’Apple (voir édition du 4 juillet 2003). Ainsi obtient-on 1 999 dollars (1 742 euros) pour le G5 contre 2 964 dollars (2 583 euros) pour le 3DBOXX M4. Cette différence ne se réduit presque pas quand on monte en gamme, sur des configurations quasi équivalentes : 3 374 dollars (2 941 euros) pour un G5 doté du même niveau de mémoire vive que le PC, 4 034 dollars (3 516 euros) pour le 3DBOXX M4 avec les mêmes équipements que le G5.


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