Rambus perd une nouvelle bataille contre Infineon

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Le juge Robert Payne a condamné Rambus à verser 7 millions de dollars à Infineon. Il reconnaît ainsi la fraude caractérisée de Rambus sur les brevets de la SDRam mais a dénié celle sur la DDR-SDRam. Rambus n’en continue pas moins de poursuivre en justice Micron et Hyundai, deux autres fabricants de mémoires DDR-SDRam, tout en attendant un jugement en appel contre la maison mère d’Infineon basée en Allemagne. Les procès en cascade, unique stratégie de Rambus pour imposer sa technologie ?

Dans le procès fleuve qui les oppose depuis un an, Rambus vient (encore) de perdre une bataille contre Infineon Technologies. Rappelons que Rambus ne réclame rien de moins que la paternité de la technologie de mémoire synchrone, c’est-à-dire, la mémoire RDRam, bien sûr, mais aussi la SDRam et la DDR-SDRam (voir édition du 12 juillet 2000). Suite à l’accord trouvé avec Toshiba et Hitachi, qui s’engageaient à verser des royalties sur les trois types de mémoires (voir édition du 26 juin 2000), Rambus s’était engagé, sûr de son bon droit, dans une série de procès envers nombre de fabricants de mémoires synchrones en juin 2000. Dont Infineon, Micron et Hyundai qui, chacun de leur côté, ont riposté en attaquant à leur tour la petite firme américaine. Les fabricants avancent notamment que Rambus a déposé en son nom propre des brevets issus de technologies présentées au sein du Jedec, une association de constructeurs sur la standardisation des produits et dont la charte prévoit le partage des découvertes et la gratuité (ou un prix jugé raisonnable) des licences d’exploitation entre chacun de ses membres. Les litiges du verdict rendu dans l’affaire Rambus-Infineon portent sur la validité de ces brevets.

Dans son jugement, rendu le jeudi 9 août, le juge Robert Payne a donné raison à Rambus concernant la DDR-SDRam. Il a en revanche approuvé la demande d’Infineon sur la SDRam et a ainsi ordonné à Rambus de lui payer 7 millions de dollars pour dédommagement des frais d’avocats. Le juge a également proposé une injonction interdisant à Rambus de poursuivre Infineon sur le territoire américain concernant les brevets de la SDRam. Si cette injonction se confirme, Rambus pourra difficilement poursuivre ses concurrents sur la question de la DDR-SDRam dont la fabrication reprend l’essentiel de la technologie utilisée pour produire la SDRam. De son côté, Rambus a annoncé son intention d’ajourner le paiement des 7 millions de dollars jusqu’au jugement en appel que doit rendre la cour d’appel de Washington dans le cadre du procès qui oppose Rambus à la maison mère d’Infineon, à Munich en Allemagne (voir édition du 9 mai 2001). Par ailleurs, Rambus maintient ses poursuites à l’encontre de Micron et Hyundai sur les mêmes accusations de violations de brevets.

Rambus de plus en plus isolé

Cette fuite en avant judiciaire apparaît de plus en plus comme la seule stratégie de Rambus pour tenter d’imposer sa mémoire RDRam, aussi performante, si ce n’est plus, que la DDR-SDRam mais plus coûteuse. Lâché par son principal partenaire Intel (voir édition du 26 juillet 2001) qui se tourne vers la SDRam pour son Pentium 4 (voir télégramme du 5 juin 2001) et plus récemment par la majorité des fabricants taiwanais de cartes mères (voir télégramme du 30 juillet 2001), Rambus semble de plus en plus isolé. Pourtant, Samsung a annoncé, le 8 août dernier, la production massive de RDRam 256 Mo en 0,15 micron contre 0,17 micron pour les 128 Mo (ce qui permet de réduire le volume des barrettes, un peu plus grosses que celle de la SDRam). Samsung pourrait même graver les mémoires en 0,13 micron d’ici la fin de l’année. On peut légitimement s’interroger sur la stratégie de Samsung à produire une mémoire dont l’avenir est plus qu’incertain. Cependant, il serait surprenant que le japonais s’engage sur la voie de la RDRam sans un minimum de garanties. Mais que cache donc Rambus ?


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