Randstad acquiert Monster : ça s’agite dans le recrutement à l’ère digitale

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En pariant sur des synergies technologiques, Randstad Holding (solutions RH et recrutement) acquiert l’Américain Monster pour 430 millions de dollars.

Une opération importante de concentration sur le marché du recrutement en ligne vient de survenir : Randstad Holding, fournisseur de services dédiés aux ressources humaine et réseau d’agences de travail intérimaire (coté sur Euronext Amsterdam), va acquérir Monster Worldwide (coté sur le NYSE).

La transaction s’élève à presque 430 millions de dollars. Le groupe acquéreur propose de reprendre chaque action Monster pour 3,40 dollars. C’est un bonus de 22,7% par rapport au cours de l’action à la clôture du marché le 8 août 2016. Le deal devrait être bouclé d’ici la fin de l’année.

A la fin de l’opération de croissance externe, Monster deviendrait une filiale de Randstad Holding et l’exploitation de la marque perdurera mais elle quittera la Bourse. Avec cette acquisition importante, La firme néerlandaise compte élargir son portefeuille de services et de canaux pour le recrutement en entreprise.

« Avec cette plateforme technologique phare de l’industrie qui facilite l’usage des solutions digitalesn sociales et mobiles, Monster est un complément naturel de Randstad », assure Jacques van den Broek, CEO de Randstad.

« Le fait de rejoindre Randstad constitue une opportunité unique d’accélérer notre capacité à relier davantage de personnes à plus d’emplois », estime pour sa part Tim Yates, CEO de Monster.

Un acteur traditionnel comme Randstad (sa création remonte à 1960) attend essentiellement des synergies technologiques avec Monster, un pure player du recrutement apparu à la fin des années 90, pour consolider sa position sur son cœur de marché. Le big data sera logiquement au cœur de cette jonction.

Monster a pris un virage « social »

Grand concurrent de l’Américain ManPower, Randstad Holding a pris des positions stratégiques dans le monde : Europe (Belgique, Luxembourg, France, Allemagne, Grèce, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Portugal, Suisse, Royaume-Uni) mais aussi au Canada, aux USA, au Chili, en Australie et au Japon.

Fin 2015, il dispose d’un effectif global de presque 30 000 collaborateurs répartis dans 39 pays. L’an passé, il a réalisé un chiffre d’affaires de presque 20 milliards de dollars dans le monde.

Monster est véritablement apparu aux Etats-Unis en 1999, en pleine bulle Internet. C’est le fruit d’une fusion entre The Monster Board et Online Career Center (groupe TMP). Mais son concept aurait émergé dès 1994 par le fondateur Jeff Taylor, précise le court historique disponible sur la version française de la plateforme de recrutement.

La société américaine débarque aussitôt en France et multiplie les opérations de croissance externe pour accélérer son développement : Jobline (2001) Jobpilot (2004), Emailjob (2005)…Le schéma était identique à l’étranger : ainsi, aux Etats-Unis, Monster a acquis HotJobs en 2010, jusqu’ici propriété de Yahoo. Pour la diffusion des offres, le groupe s’appuie également sur un réseau d’un millier de journaux partenaires aux Etats-Unis.

Sur fond de refonte de la plateforme et de nouvelle identité visuelle, Monster a approfondi à partir de 2015 la dimension « social » du recrutement. Par exemple, il a développé Monster Social Job Ads, une solution de recrutement social pour cibler les utilisateurs Twitter en fonction de leurs profils professionnels (également disponible en France).

En juin 2016, c’est la mobilité qui était à l’honneur avec l’acquisition de la start Jobr (le concept de Tinder dans les rencontres sur mobile adapté au besoin du marché du recrutement).

Sur l’ensemble de l’année 2015, Monster affiche un chiffre d’affaires de 667 millions de dollars (baisse de 4% par rapport à2014). Mais la société, présente dans 40 pays, tendait à assainir ses comptes : le résultat net s’élevait à +13,2 millions de dollars, contre une perte nette de 294 millions de dollars l’année précédente. Le groupe dispose d’un effectif de 3700 personnes.


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