Red Hat aborde l’infrastructure informatique

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Red Hat ne compte pas se cantonner pas à la distribution de sa suite Linux mais souhaite fournir aux grandes entreprises une gamme de logiciels d’infrastructure Open source. Son ambition est d’être une alternative aux grands spécialistes du secteur tels IBM ou Sun Microsystems.

Dans les mois à venir, l’un des principaux distributeurs Linux, l’américain Red Hat, lancera en complément à sa distribution Linux une palette de logiciels d’infrastructure Open source. Sont notamment prévus un serveur d’applications J2EE et des logiciels de clustering et d’administration de systèmes. Ceux-ci auront été optimisés pour le Linux de Red Hat et seront intégrés les uns aux autres. Cette initiative a été baptisée Red Hat Open Source Architecture. Le premier élément tangible, prévu pour octobre, sera la nouvelle version de la distribution Linux de Red Hat, Enterprise Linux 3, laquelle constituera donc le socle de sa gamme de logiciels d’infrastructure. Enterprise Linux 3 est une évolution majeure du système d’exploitation distribué par Red Hat : alors que les versions précédentes étaient principalement destinées aux architectures x86, Enterprise Linux 3 fonctionnera quant à lui sur mainframe et sur les serveurs dotés de processeurs 64 bits, comme l’Opteron d’AMD ou l’Itanium d’Intel. Il vise donc les grandes entreprises. D’où l’intérêt de le compléter de logiciels d’infrastructure. Le rythme de lancement des modules additionnels sera trimestriel : début 2004, Red Hat prévoit de lancer un cluster de fichiers sur 16 noeuds, qui complètera les fonctions de clustering déjà présentes dans Linux.

Une approche qui rappelle celle de Sun

Le module suivant sera le serveur d’applications J2EE. Red Hat a choisi Jonas (Java Open Application Server) du consortium européen ObjectWeb (voir édition du 12 décembre 2002), qu’il a rejoint le mois dernier. Parallèlement, il prévoit qu’à cette date un nouveau logiciel d’administration de systèmes doté de fonctionnalités de provisioning (automatisation de la gestion des changements applicatifs), de supervision et de virtualisation des serveurs sera également disponible. L’approche prônée par Red Hat n’est pas sans rappeler celle d’un éditeur de logiciels propriétaires, Sun Microsystems, qui, dans le cadre du projet connu sous le nom de code Orion, a lui aussi intégré ses logiciels d’infrastructure en un tout cohérent facile à installer (voir édition du 17 septembre 2003). Pour justifier leur démarche, l’un et l’autre déroulent le même argument, à savoir que les entreprises investissent actuellement énormément d’argent en prestations de services, précisément pour résoudre ces problèmes d’intégration, et qu’il convient donc de leur faciliter la tâche en améliorant au préalable la compatibilité des briques applicatives. Avec cette initiative ambitieuse, Red Hat tend donc à se positionner en alternative Open source aux grands éditeurs spécialistes de l’infrastructure informatique comme IBM ou Sun. Pour cela, il lui faudra toutefois le soutien sans faille de la communauté des développeurs libres. Par ailleurs, Red Hat lancera le mois prochain une version allégée de sa suite Linux destinée aux serveurs lames et aux serveurs applicatifs dédiés (server appliances).


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