Red Hat mise sur le marché de l’embarqué

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Les systèmes embarqués sont-ils un marché d’avenir pour Linux ? Le distributeur Red Hat le pense et s’y engage via un partenariat avec un spécialiste de ce domaine, Wind River.

Même s’il a jusqu’à présent concentré ses efforts sur le marché des serveurs, le distributeur Linux Red Hat n’a jamais caché, et ce dès ses débuts, qu’il voyait dans le secteur de l’équipement embarqué un de ses principaux moteurs de croissance. Il confirme aujourd’hui cet intérêt en nouant un partenariat avec un des principaux spécialistes de ce domaine, Wind River, éditeur d’un système d’exploitation propriétaire, VxWorks. Selon les termes de l’accord, les équipes techniques des deux entreprises collaboreront à l’élaboration d’une suite Linux qui sera le pendant pour les systèmes embarqués de Red Hat Enterprise Linux. L’accord est également commercial, l’un et l’autre partenaire s’engageant à distribuer l’OS. La signature de cet accord signifie-t-il que Linux est désormais mûr pour s’imposer sur les PDA, téléphones mobiles, ou encore les robots de l’industrie manufacturière ? Plusieurs indices le laissent penser. Par exemple, MontaVista Software, éditeur d’une version embarquée de Linux, qui, en février, a fait part d’une progression de 77 % de son chiffre d’affaires entre 2002 et 2003, ces logiciels équipant en 2003 plus de 500 nouveaux terminaux. Il est vrai que la start-up a bénéficié cette année d’un soutien de poids, en l’occurrence celui d’IBM qui a mis au point un kit de développement de PDA fonctionnant avec le logiciel mis au point par MontaVista (voir édition du 22 janvier 2003). Autre signe : à l’occasion de son désengagement du consortium Symbian (voir édition du 2 septembre 2003), lequel développe des systèmes d’exploitation pour téléphones mobiles, l’américain Motorola a fait savoir que Linux constituera à l’avenir le socle de sa stratégie en matière d’OS embarqué, et ce alors qu’il poursuit pour le moment une stratégie multiplate-forme.

Changement d’attitude vis-à-vis de Linux

Wind River, pour sa part, n’a pas toujours été aussi bien disposé vis-à-vis de Linux. Il a fait une première incursion du côté du logiciel libre en 2001 en adoptant FreeBSD, un Unix libre dérivé du système BSD Unix développé par l’université californienne de Berkeley. Une première tentative qui s’est soldée par un échec : début 2002, l’éditeur a vendu toutes ses activités FreeBSD à la société FreeBSD Mall. Depuis, à l’occasion d’une réorientation stratégique, Wind River s’est résolument rallié à la mouvance Linux, rejoignant plusieurs consortiums : l’Open Source Development Labs, Eclipse et le Consumer Electronics Linux Forum. Reste à voir comment VxWorks et Linux vont cohabiter. Selon Wind River, il n’y a pas de recouvrement entre les deux systèmes d’exploitation, le premier étant adapté aux petits terminaux et Linux aux terminaux plus haut de gamme et aux équipements de télécommunications. Parallèlement à l’annonce du partenariat avec Red Hat, signalons que Wind River a sorti un environnement de développement permettant de réaliser des applications tant pour Linux que pour VxWorks.


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