Renault et DiDi feraient route commune dans l’autopartage en Chine

Mobilité
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La plate-forme chinoise de mobilité urbaine DiDi aurait sollicité l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi pour prendre position sur le marché de l’autopartage.

Comment se positionner sur l’échiquier des « nouvelles mobilités » ? Une partie de la réponse se trouve dans l’open innovation, selon l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Les trois constructeurs, liés par des participations croisées (Renault possède 43,4 % de Nissan, qui détient 34 % de Mitsubishi), ont activé un levier dans ce sens à l’occasion du CES 2018.

Ils se sont dotés d’un fonds Alliance Venture dont la capacité d’investissement pourra atteindre 1 milliard de dollars sur 5 ans, avec quatre axes directeurs : la connectivité, l’intelligence artificielle, la conduite autonome… et le véhicule électrique.

Sur ce volet se préparerait une initiative en Chine, avec la plate-forme de mobilité urbaine DiDi.

Cette dernière a récemment affirmé, dans le cadre d’un tour de table de 4 milliards de dollars, vouloir développer, sur le marché chinois, son propre réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques.

Elle vise, à l’horizon 2020, un million de ces véhicules dans sa flotte, contre 260 000 aujourd’hui, pour un total revendiqué de 21 millions de chauffeurs et 450 millions de passagers en comptant les intégrations de services tiers à l’image d’ofo pour le vélopartage.

Au-delà du transport à la demande, qui lui vaut d’être appelé « l’Uber chinois », DiDi vise le segment de l’autopartage.

Renault, Nissan et Mitsubishi figureraient, d’après Reuters, parmi les 12 constructeurs qui fourniraient les véhicules électriques exploités dans ce cadre… et éventuellement des services complémentaires.

Daimler : modèle allemand ?

Le marché mondial de l’autopartage est estimé à 16,5 milliards de dollars à l’horizon 2024 (statistiques Global Market Insights), la Chine en représentant un moteur de croissance.

Dans ce contexte, les groupes automobiles se réorganisent, à l’image de Daimler, déjà présent sur ce marché avec Car2go, système d’autopartage sans stations, facturable à la minute.

Exploité depuis 2009, le service fédère, selon le groupe allemand, 14 000 véhicules dans 8 pays.

Dans la pratique, les essais ne sont pas toujours transformés, comme en a témoigné un passage éclair en 2012 à Lyon ou encore au Royaume-Uni, investi la même année et quitté en 2014.

La semaine passée, Daimler s’est déclaré ouvert, sur ce front, à une alliance avec un concurrent. Les rumeurs évoquent un partenariat avec BMW, qui vient de reprendre la main sur sa division d’autopartage DriveNow en rachetant les 50 % que détenait le loueur Sixt.

Daimler contrôle aussi Mytaxi, racheté en 2014, puis fusionnée en 2016 avec son concurrent britannique Hailo et renforcé par deux acquisitions (Beat en Grèce, Clever en Roumanie).

La firme allemande a également pris le contrôle, fin 2017, de la plate-forme française Chauffeur-Privé, qui évolue sur le segment d’Uber.

Elle dispose par ailleurs de participations dans Blacklane (concurrent allemand d’Uber), Careem (idem au Moyen-Orient), FlixBus (autocars longue distance) ou encore Via, start-up new-yorkaise avec laquelle une coentreprise a été montée à Amsterdam sur la réservation de navettes à la demande.

Crédit photo : dmitryzhkov via Visualhunt.com / CC BY-NC-SA


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