Réseaux mobiles : la qualité de service vue par l’ARCEP

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L’ARCEP constate que la qualité de service sur les réseaux mobiles n’est pas toujours à la hauteur de la couverture affichée par les opérateurs.

« Bon niveau de fiabilité, même si quelques incohérences très localisées subsistent » : l’ARCEP n’a pas grand-chose à redire aux opérateurs concernant les cartes de couverture 2G, 3G et 4G publiées par leurs soins.

Le gendarme des télécoms vient de réactualiser son observatoire relatif aux services mobiles en France métropolitaine. Ce document, qui synthétise des mesures effectuées sur le terrain, a vocation à guider les consommateurs dans le choix de leur offre en leur fournissant notamment des éléments sur la qualité réelle du réseau pour les appels, les SMS et les usages data.

Étant axé sur les utilisateurs finaux, le rapport tient compte des accords de mutualisation et d’itinérance signé entre opérateurs. Par exemple Free Mobile pour exploiter le réseau 2G/3G d’Orange et SFR pour faire de même avec la 4G de Bouygues Telecom.

La couverture est calculée à l’extérieur des bâtiments et mise en perspective avec les cartes mises à disposition par les opérateurs (fin 2013 pour la 2G ; fin 2014 pour la 3G et la 4G).

Bilan : Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free couvrent tous les quatre plus de 99 % de la population et plus de 90 % du territoire en 2G. Les taux sont similaires pour la 3G concernant la population (99 % pour Orange et SFR ; 98 % pour Free ; 97 % pour Bouygues Telecom), mais pas pour le territoire : 93 % pour SFR, 91 % pour Orange, 82 % pour Free et 80 % pour Bouygues Telecom.

Quant au déploiement de la 4G, il se concentre sur les zones denses : ainsi Orange et Bouygues Telecom couvrent-ils respectivement 72 % et 71 % de la population, mais seulement 22 % et 23 % du territoire métropolitain (des taux de 53 % et 14 % chez SFR ; 33 % et 3 % chez Free).

La qualité de service a été estimée à partir de « près de 160 000 mesures » réalisées en 2015 sur 210 indicateurs. Principal constat : la hiérarchie issue de l’enquête 2014 ne change pas cette année. Orange domine avec 153 indicateurs au-dessus de la moyenne, contre 52 pour Bouygues Telecom, 42 pour SFR et 9 pour Free.

Vers la 4G

A l’échelle de tout le territoire, ce sont les SMS qui posent le moins de problèmes. Dans presque 100 % des cas, ils sont acheminés en moins de 30 secondes. L’écart est un peu plus grand sur les appels vocaux : environ 95 % sont maintenus pendant au moins 2 minutes « avec une qualité parfaite » chez Orange ; 90 % chez SFR et Bouygues Telecom ; 80 % chez Free.

Ces pourcentages n’évoluent guère chez les détenteurs d’un mobile 4G. Le changement est plus radical sur la navigation Web, quoique le critère retenu par l’ARCEP ne soit pas particulièrement strict (pages chargées en moins de 30 secondes). Le taux de réussite avoisine 90 % chez Orange (85 % en 3G) et chez SFR (80 % en 3G), 85 % chez Bouygues Telecom (80 % en 3G) et 80 % chez Free (70 % en 3G).

Les écarts sont évidemment plus marqués en termes de débits purs. En 3G, c’est Orange qui s’en sort le mieux en réception : plus de 8 Mbit/s dans 50 % des cas, contre environ 45 % chez Bouygues Telecom, 30 % chez SFR et 5 % chez Free. En émission, Bouygues Telecom et Orange sont à plus de 1,5 Mbit/s environ une fois sur deux (40 % chez Free et SFR).

Les taux n’évoluent pas significativement en 4G. C’est surtout le nombre de connexions à moins de 2 Mbit/s descendants qui diminue : on passe sous les 50 % chez Free et sous les 25 % chez SFR. Le taux d’échec reste toutefois important : plus de 5 % chez Orange, Bouygues Telecom et SFR ; près de 25 % chez Free.

Quand on arrive en ville

En zone dense (communes de plus de 400 000 habitants, soit environ un tiers de la population), les performances sont supérieures à la moyenne.

Les quatre opérateurs proposent une couverture intégrale en 3G et cela se ressent : c’est O.K. pour plus de 90 % des appels vocaux et presque tous les SMS. Les débits moyens s’élèvent à 8,9 Mbit/s en réception et à 1,9 Mbit/s en émission. En 4G, on passe à 21,6 et 5,9 Mbit/s, avec un meilleur confort sur les vidéos en ligne.

La différence est marquée par rapport aux zones dites « moyennement denses » (de 10 000 à 400 000 habitants ; environ un tiers de la population) : 7,4 Mbit/s et 1,7 Mbit/s en 3G ; 12,4 et 3,8 Mbit/s en 4G.

En zone rurale, c’est sur les appels que la baisse est importante : à peine 80 % des communications remplissent les critères chez SFR et Bouygues Telecom ; un peu plus de 70 % chez Free. Les débits atteignent 4,1 et 1,2 Mbit/s en 3G ; 6,1 et 1,8 Mbit/s en 4G.

L’ARCEP s’est également penché sur les infrastructures de transport. Conclusion : c’est sur le réseau autoroutier qu’on est le mieux loti. Les taux pour appels et SMS sont en l’occurrence comparables à ceux des zones denses. Peu d’écart également pour la navigation Web.

Suivent les trains de banlieue (environ 90 % des appels et 95 % des SMS pour tous les opérateurs), le TGV (où Bouygues Telecom est en retrait) et le métro (70 à 75 % des appels pour les 4 opérateurs, pour une performance globale de 32 % en navigation Web).

Crédit photo : GaudiLab – Shutterstock.com


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