Réseaux sociaux : Facebook à la recherche de la poule aux oeufs d’or

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Malgré son succès, Facebook est toujours à la recherche de son modèle économique.

Facebook se porte bien : les nouveaux utilisateurs continuent d’affluer et le site est en passe de dépasser son principal rival MySpace à l’international. Avec plus de 100 millions de visiteurs uniques dans le monde lors du mois de janvier, Facebook réduit considérablement l’écart. Reste que ce que certains décrivent comme le nouveau Google montre des signes d’essoufflement.

Tout d’abord, son audience a tendance à se lasser. Après l’engouement initial, beaucoup d’utilisateurs n’ont pas suivi les évolutions du site. Les centaines d’applications détournent Facebook de sa fonction initiale, ont estimé de nombreux étudiants, qui se limitent pour beaucoup aux fonctions de base proposées sur le site. Les témoignages “d’accros” à l’ouverture de leur compte et pendant les mois qui suivent suivis par des connections de plus en plus rares et irrégulières sont courants.

Des visites mais pas de monétisation

Mais la raison pour laquelle Facebook n’est pas le nouveau Google, c’est son modèle économique. Malgré une croissance impressionnante, le site de Mark Zuckerberg n’a toujours pas trouvé l’équivalent des “AdWords“, le service de publicité contextuelle de Google. Le magazine britannique The Economistrevient sur les challenges auxquels font face les sites de réseaux sociaux, et souligne que la monétisation d’un tel service est loin d’être évidente. A l’image du service de messagerie : un succès énorme mais peu de retombées en espèces sonnantes et trébuchantes.

Tous les grands du web – Google, Yahoo, AOL et Microsoft – disposent de services de messagerie offrant des fonctionnalités peut envisageables il y a encore quelques années : espace de stockage illimité, répertoire d’adresses, calendrier… Lesquels rapportent peu mais orientent ses utilisateurs vers des pages plus lucratives.

L’entrave au succès : le manque d’ouverture

Or, “les réseaux sociaux semblent suivre le même modèle“, explique le magazine. Google a bien signé un partenariat avec MySpace et possède son propre réseau social, Orkut. Mais Sergey Brin, le co-fondateur de Google, a lui-même récemment reconnu que “la monétisation escomptée n’a pas eu lieu.

De son côté, Facebook – qui a signé un accord publicitaire avec Microsoft à l’automne dernier – a tenté son entrée sur la voie de la monétisation avec Beacon. Le service fonctionnait sur le principe du bouche à oreille : chaque fois qu’un des membres effectuait un achat sur le net, son réseau en était informé. Ce “modèle économique de la recommandation“, selon l’expression employé par l’auteur de l’article, a échoué sous la pression des utilisateurs, forçant Mark Zuckerberg à s’excuser de “son erreur” en décembre.

Le problème, c’est que les réseaux sociaux ne sont pas assez ouverts. Charlene Li, de l’agence de conseil Forrester Research, souligne que “dans plusieurs années, quand nous nous souviendrons de l’année 2008, on trouvera archaïque et simplet d’avoir à se connecter sur Facebook ou LinkedIn pour être social“. Elle estime qu’à l’avenir, ces sites seront bien plus intégrés à notre utilisation du web. Plus besoin de se connecter pour accéder au “news feed” de Facebook ou aux dernières actions des membres de son réseau. Toutes ces informations viendront directement auprès de l’utilisateur, par email, messagerie instantanée ou par flux RSS.

Si les réseaux sociaux veulent s’en sortir, ils doivent sortir de leur pré carré (“walled garden“) et s’ouvrir à la compatibilité avec d’autres réseaux, une requête longtemps formulée par les analystes mais ignorée par l’industrie. Cette compatibilité existe entre les services de messagerie et de chat, reste à faire en sorte que l’univers des réseaux sociaux envahisse notre quotidien, et le pari économique sera remporté.


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