Réseaux sociaux : Viadeo attend LinkedIn de pied ferme en France

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Lifting du site, nouveaux services, expansion internationale… le DGA de Viadeo fait le point sur la stratégie du réseau “pro” français.

“La version française de Linkedin sera un non-événement : Linkedin propose depuis trois mois une version espagnole de son site et cela n’a pas augmenté sa part de marché en Espagne.” Olivier Fecherolle, directeur général adjoint de Viadeo, en charge du développement, ne semble pas du tout inquiet de l’arrivée prochaine de LinkedIn en France (l’accord passé entre LinkedIn et l’Apec prévoyait une version française de Linkedin avant l’automne 2008). Ou alors, s’il l’est, il le cache bien…

Pourtant, la guerre est belle et bien déclarée entre les trois protagonistes du marché des réseaux sociaux professionnels. Ce secteur est en effet en pleine ébullition, car parmi tous les réseaux sociaux (Facebook et autre Myspace), les réseaux professionnels sont ceux qui sont susceptibles de gagner le plus d’argent.

“Les réseaux “pro” “monétisent” mille fois plus que les réseaux sociaux amicaux”, affirme Olivier Fecherolle. Ce qui signifie que les membres d’un réseau pro rapporteraient “mille fois plus d’argent” (une estimation sans doute exagérée… ), sous forme de publicités, d’abonnements et autres services payants, que les utilisateurs des réseaux sociaux “amicaux”.

Un match international à trois

Le marché des réseaux “pro” est principalement entre les mains de trois mastodontes : l’américain LinkedIn, l’allemand Xing et le français Viadeo. Leur affrontement se traduit par une guerre de mouvements (le premier qui s’implante dans un pays possède un avantage évident), mais se joue également au  niveau des services proposés aux abonnés.

Viadeo est né d’un outil créé au départ pour les membres d’Agregator (mélange de club d’affaires et de fonds d’investissement), afin qu’ils puissent mutualiser leurs réseaux professionnels. En septembre 2004, les deux créateurs d’Agregator, Dan Serfaty et Thierry Lunati, firent de Viadeo une activité indépendante (au départ sous le nom de Viaduc).

“Aujourd’hui, Viadeo compte deux millions de membres en France, deux millions et demi en Chine, depuis le rachat de Tianji.com et 700 000 membres en Espagne, Italie et Angleterre”, précise Olivier Fecherolle. C’est encore peu comparé aux 27 millions de membres annoncés par LinkedIn (dont 12 millions aux Etats-Unis et 6,5 millions en Europe) et aux quelque six millions de membres qui utiliseraient Xing (très présents en Allemagne, bien sûr, mais aussi en Espagne et en Turquie).

Mais Viadeo ne compte pas en rester là. La prochaine étape de son développement international devrait être une implantation dans un pays d’Amérique Latine. “De là, nous espérons partir à la conquête de l’Amérique du Sud, mais aussi des “latinos” d’Amérique du Nord”, explique Olivier Fecherolle. L’entreprise emploie déjà une centaine de personnes à Paris, une quarantaine en Chine et quelque 25 autres dispersées entre Madrid, Barcelone, Milan et Londres.

“Nous gagnons de l’argent”

Sur le plan des services, les trois réseaux tendent à s’uniformiser. Ils se sont copiés les uns les autres : Linkedin propose depuis septembre des forums de discussion, une fonctionnalité mise en avant par Viadeo depuis longtemps… D’ici à la fin de l’année, Viadeo va procéder à une refonte complète de son site, quelque peu désuet pour l’instant.

“Et nous sommes en train de tester de nouveaux services, par exemple mis au point par des développeurs extérieurs à l’aide de Google Social, l’ensemble des APIs proposées par Google pour le réseautage social en ligne, révèle Olivier Fecherolle. Ainsi vous pourrez peut-être partager une vidéo sur YouTube avec tous vos contacts Viadeo.”

Autre axe de réflexion : les outils de communication en ligne, du type vidéo-conférence ou téléphonie sur IP. “Mais, là nous sortons un peu de notre coeur de métier et nous devrons faire appel à un partenaire extérieur”, reconnaît Olivier Fecherolle.

L’argent ne devrait pas manquer pour mener à bien tous ces projets. Viadeo a procédé à deux levées de fonds de 5 millions d’euros chacune auprès de Ventech et AGF Private Equity, en juin 2006 et août 2007. “Et nous gagnons de l’argent”, assure Olivier Fecherolle. Avant de prévenir : “Mais nous ne communiquons aucun chiffre.” Puisque l’on vous dit que c’est la guerre…


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