Respect de la vie privée : peur et ignorance

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Alors que les cas de violation de la vie privée sur le Web se multiplient, une étude met en avant les craintes des américains face à la collecte de données personnelles, mais révèle aussi leur incapacité à s’en protéger.

En juin dernier, les Américains découvraient que le bureau fédéral du “National drug control policy” utilisait des cookies pour pister les internautes à la recherche d’informations relatives aux drogues. Une avalanche de critiques parvenait finalement à faire interdire l’emploi sur les sites gouvernementaux de ces fichiers indiscrets stockés sur les disques durs des internautes. Depuis, d’autres affaires ont défrayé la chronique, telles celles du fichier clients de Toysmart.com ou de Toysrus.com et aussi le fameux Carnivore du FBI (voir édition du 13 juillet 2000).Aujourd’hui, une enquête auprès de 2 117 Américains sondés par téléphone, menée par le “Pew Internet and american life project”, un groupe d’étude sur l’impact d’Internet dans la vie quotidienne issu d’une fondation de Philadelphie, montre que les internautes du pays de l’oncle Sam sont soucieux de la question du respect de la vie privée. Du moins 86% d’entre eux se déclarent comme tels, tandis que 54% se disent “très préoccupés”. Ainsi les deux tiers des sondés souhaiteraient que les sociétés en ligne ne soient pas autorisées à pister les internautes, et 81% réclament la mise en place de règles fixées par le gouvernement pour contrôler la manière d’effectuer ce pistage.Le plus étonnant est que 56% de ces personnes ignoraient que les publicitaires en ligne pouvaient les suivre grâce à l’emploi de cookies. Seuls 10% ont admis avoir actionné le rejet des cookies sur leur navigateur et 5% de ces internautes emploient un logiciel afin de surfer anonymement. L’ignorance des pratiques de pistage et de l’existence des cookies se retrouve sans surprise en majorité chez les nouveaux venus sur le Web et parmi les participants à l’étude les plus âgés, en général moins au fait des nouvelles technologies. Ainsi, les jeunes sont par exemple les plus disposés à fournir une fausse identité : au total un quart de ces internautes a donné un faux nom et un cinquième une seconde adresse email. Seuls les mots de passe semblent éveiller une vigilance de la part du panel en question puisque 68% d’entre eux ont utilisé des mots de passe différents en s’enregistrant sur des sites distincts.Finalement, l’étude confirme l’existence d’un climat de suspicion présent sur le Web depuis quelques temps, mais elle met aussi en avant la nouveauté que représente encore Internet pour une grande part de ses utilisateurs, qui n’en maîtrisent pas toutes les ficelles. Prudent, le document prévient toute conclusion hâtive en indiquant qu'”il n’existe aucune preuve dans cette étude permettant de conclure qu’Internet représente une menace pouvant porter d’avantage atteinte à la vie privée que les activités du monde offline”.Pour en savoir plus  : * “L’étude du “Pew Internet and american life project”* “Vos traces” sur le site de la Cnil* Privacy.net : ressources sur le respect de la vie privée


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