Résultats Alibaba : le cloud coûte encore plus qu’il ne rapporte

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Alibaba franchit le cap du demi-milliard de dollars de revenus trimestriels sur le cloud, mais son activité reste portée exclusivement par le (e-)commerce.

En croissance, mais pas encore rentables.

Ce constat vaut toujours pour l’ensemble des segments d’activité d’Alibaba, à l’exception du (e-)commerce, qui a à nouveau porté les bénéfices du groupe chinois au cours du 3e trimestre de son exercice fiscal 2018.

Sur cette période qui s’est échelonnée du 1er octobre au 31 décembre 2017, le chiffre d’affaires s’est établi à 12,761 milliards de dollars, en hausse annuelle de 56 %.

Le (e-)commerce en représente 88 % (11,257 milliards ; + 57 % d’une année sur l’autre), avec un résultat d’exploitation en croissance de 29 %, à 5,477 milliards.

L’essentiel de la valeur est dégagé par la vente au détail en Chine : 9,238 milliards de dollars (+ 47 %). Une progression à laquelle la consolidation des ventes de la chaîne de magasins Intime Retail, acquise l’an dernier, n’est pas étrangère.

Au-delà de sa sphère e-commerce, pour laquelle il revendique 515 millions de « consommateurs actifs » (ayant réalisé au moins un achat en 2017) avec un panier moyen de 48 dollars, Alibaba monte en puissance dans la distribution physique avec, au dernier pointage, 25 épiceries exploitées sous la marque Hema.

La vente au détail progresse aussi à l’international (+ 93 %, à 727 millions de dollars), notamment grâce à Lazada en Asie du Sud-Est.

Indicateur de revenus également au vert (+ 5 %, à 600 millions de dollars) pour l’entreprise de logistique Cainiao, qu’Alibaba avait cofondée en 2013 et sur laquelle il a récemment repris la main.

Cloud : le défi de l’international

Plus que doublés sur un an, les revenus tirés du cloud franchissent un palier, dépassant le demi-milliard de dollars sur un trimestre*. Mais la perte d’exploitation est elle aussi plus que doublée, à 122 millions de dollars.

Les clients cités en référence sont tous chinois : Watsons (santé et produits de beauté), Geely (constructeur automobile) et l’aéroport international de Pékin.

Dynamique comparable pour les « services numériques et de divertissement », dont la perte d’exploitation se creuse (588 millions de dollars), sur un C.A. en augmentation (+ 33 %, à 832 millions de dollars ; cf. la synthèse des résultats).

Ce segment comprend notamment le navigateur UCWeb et son écosystème, ainsi que la plate-forme de partage de vidéos Youku Tudou, qui a signé un premier deal avec Netflix pour la distribution de sa série « Day and Night ».

Les espoirs de l’IA

La situation est moins favorable pour les « initiatives innovantes », où sont rangés le système d’exploitation YunOS, la plate-forme de cartographie-navigation AutoNavi et l’activité de prêt aux PME de la branche Ant Financial.

La perte d’exploitation s’élève en l’occurrence à 155 millions de dollars, sur un C.A. en recul de 9 % (119 millions de dollars). Alibaba se félicite néanmoins des avancées de ses recherches en intelligence artificielle et du million d’unités vendues pour son enceinte connectée Tmall Genie.

Compte tenu des efforts consentis dans le développement des canaux de distribution physique, les coûts augmentent de 6 % sur un an. Les frais généraux et administratifs sont stables, comme les dépenses en R&D et en commercial-marketing.

En intégrant une charge de près de 3 milliards de dollars liée à la dépréciation du studio de production Alibaba Pictures (dans lequel le groupe détient une participation minoritaire), le résultat net après impôts s’établit à 3,586 milliards de dollars (+ 36 %).

Au 31 décembre 2017, Alibaba revendique 63 809 employés et une trésorerie avoisinant les 34 milliards de dollars.

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* Soit environ 4 % du C.A. d’Alibaba. À titre comparatif, l’activité représente 10 % des revenus d’Amazon et au moins 3 % chez Google.


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