Résultats Google : un édifice ultrasolide malgré une amende record

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En dépit de l’amende étourdissante dont il a écopé en Europe dans le cadre d’une enquête antitrust, Google affiche une stabilité déconcertante sur le plan financier.

De YouTube, qui fédère chaque mois « un milliard et demi d’utilisateurs », à Android, installé sur « plus de 2 milliards » d’appareils actifs, Sundar Pichai aura multiplié les références chiffrées dans le cadre de la conférence téléphonique consécutive à la publication des résultats trimestriels de Google.

L’intéressé avait pris les rênes de la firme américaine il y a près de deux ans*, dans le cadre de la réorganisation sous le prisme de la holding Alphabet.

Google en est, depuis lors, une filiale. Sur le plan financier, elle concentre l’essentiel des revenus du groupe, le reste émanant d’un segment « Other Bets » qui regroupe des sociétés telles que Nest (objets connectés) et Verily (sciences de la vie).

Sur le 2e trimestre 2017, Alphabet revendique un chiffre d’affaires en hausse annuelle de 21 %, à 26,01 milliards de dollars en tenant compte d’un manque à gagner de 364 millions associé à l’évolution des taux de change.

Les revenus progressent sur l’ensemble des régions géographiques, mais la faiblesse de l’euro et de la livre se font ressentir : + 14 % en EMEA (8,545 milliards de dollars), contre + 23 % aux États-Unis (12,322 milliards), + 28 % en Asie-Pacifique (3,73 milliards) et + 31 % dans le « reste de l’Amérique » (Canada + Amérique latine ; 1,413 milliard).

Amende salée

Entre investissements dans les datacenters, développements hardware et acquisition de contenu pour YouTube, le coût des ventes progresse de 28 % d’une année sur l’autre, dépassant les 10 milliards de dollars.

La hausse est encore plus nette pour les dépenses d’exploitation… si on inclut les 2,736 milliards de dollars d’amende infligés le 27 juin dernier par la Commission européenne dans le cadre d’une enquête antitrust sur le moteur de recherche.

Cette sanction non comprise, l’OPEX est en croissance de 18 %, avec 4,172 milliards de dollars engagés en R&D (+ 24 %), 2,897 milliards en commercial-marketing (+ 20 %) et 1,7 milliard pour les frais généraux et administratifs (+ 5 %).

Hors amende, le résultat d’exploitation augmente de 15 % sur un an, à 6,868 milliards de dollars. Le résultat net s’établit à 6,26 milliards (+ 28 %), soit 8,90 dollars par action.

Cher mobile

Au 30 juin 2017, Alphabet dispose de plus de 15 milliards de dollars de liquidités et revendique 75 606 collaborateurs, soit 1 614 de plus qu’à la fin du précédent trimestre.

Le cloud a fait l’objet de nombreux recrutements, en phase avec la croissance des ventes : le segment d’activité dans lequel il est intégré – aux côtés du hardware, à l’image de Google Home et Google Wi-Fi – dégage un C.A. de 3,09 milliards de dollars, en hausse de 42 % sur un an.

La dynamique est également positive pour le business publicitaire, principal poste de revenus de Google, à hauteur de 22,672 milliards de dollars.

Le mobile et la vidéo (sur YouTube) impliquent néanmoins le versement de commissions plus élevées aux partenaires : + 28 %, à 5,091 milliards de dollars. Si bien que le résultat d’exploitation de Google (7,803 milliards, soit + 12 %) progresse moins nettement qu’à la même période l’an dernier.

Sur le segment « Other Bets », les revenus atteignent 248 millions de dollars, pour une perte d’exploitation légèrement réduite, à 772 millions de dollars, conséquence de moindres investissements dans le déploiement de fibre aux États-Unis (expansion géographique stoppée).

* Parallèlement à la présentation de ses résultats financiers, Alphabet a nommé Sundar Pichai à son conseil d’administration.

Crédit photo : Google


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