Résultats Iliad : Free à l’aise dans une vie à quatre (opérateurs)

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Sur l’année 2016, Iliad-Free a gagné des points dans le fixe et surtout le mobile. Outre la France, l’horizon s’étend désormais à l’Italie.

Iliad-Free apparaît même au-dessus de la mêlée concurrentielle à plus d’un titre. En décortiquant les résultats 2016, force est de constater que la présentation des principaux indicateurs demeure un exercice confortable.

Le groupe télécoms de Xavier Niel continue d’exposer une insolente santé financière sur fond de “croissance rentable”. Il affiche un chiffre d’affaires de 4,72 milliards d’euros, en hausse de 7%. Le mobile tire le business vers le haut avec un CA dépassant désormais les deux milliards d’euros, en croissance de 11,7%.

Les fondamentaux dans le fixe restent stables : 2,68 milliards d’euros (+3,6%). Mais on sent l’envie d’Iliad-Free d’en découdre désormais dans le très haut fixe avec la bataille des offres de fibre à domicile (FTTH en anglais).

L’EBITDA consolidé augmente de 12,5% à 1,67 milliard d’euros. Iliad-Free se montre tout aussi convaincant sur le résultat opérationnel (+11,7% à 744,1 millions d’euros). Tandis que le résultat net bondit de 20% en passant de 335 millions d’euros à 402,7 millions d’euros.

Un des principaux atouts dont dispose Iliad-Free dans la bataille des télécoms (face à Orange, SFR et Bouygues Telecom, c’est son niveau faible endettement) : 1,64 milliard d’euros.

Fixe : Free s’auto-proclame premier challenger d’Orange

Les offres de Free demeurent séduisantes : le fournisseur d’accès dispose d’une base de 19,1 millions d’abonnés. La conquête dans le fixe est plus compliquée mais le groupe télécoms affiche quand même 6,4 millions d’abonnés ADSL et FTTH.

Il peut s’enorgueillir d’avoir attiré 247 000 nouveaux abonnés en 2016. Il se targue même d’être le “premier opérateur alternatif” dans le fixe devant SFR.

Bonne nouvelle du côté de l’ARPU qui s’établit à 34,70 euros contre 34,50 euros un an plus tôt. La catalyseur est connu : l’offre TV by CANAL Panorama, qui a permis au FAI de proposer (par défaut) une offre de chaînes musclée contre une augmentation du prix d’abonnement mensuel.

Une tactique qui a permis d’embellir le revenu moyen par abonné. Précisons que l’ARPU lié à l’offre Freebox Révolution stagne à 38 euros de son côté.  

La bataille du très haut débit se profile à l’horizon. En 2016, Iliad-Free a accentué le déploiement pour éviter d’être largué par Orange. Il revendique 4,4 millions de prises raccordables et 310 000 abonnés FTTH à fin décembre 2016 (représentant un bond de 50% en un an même si Free démarrait de loin).

Sur l’année en cours, l’opérateur compte en attirer 200 000 clients THD supplémentaires. Pour l’horizon de décembre 2018, il vise 9 millions de prises raccordables à la fibre à domicile.

La percée de Free Mobile en cinq ans

Mais le plus impactant, c’est la montée en puissance accomplie par Free Mobile en cinq ans d’exploitation.

Un business qui pèse désormais 2 milliards dans l’activité de Free avec une croissance de 11,7% l’an passé. Soit 42% du CA global du groupe.

L’offre mobile séduit 12,7 millions d’abonnés mobiles à fin 2016, dont un million captés sur la seule année 2016. L’opérateur télécoms estime avoir atteint une part de marché de 18%. Il cherche toujours à atteindre le palier des 25% “à terme”.

Avec ce dernier pointage, Iliad-Free revendique 6 millions d’abonnés 4G, en proposant une couverture de 76% de la population (et la volonté de parvenir à 85% d’ici la fin de l’année).

Concurrents, tremblez ! Lors de la conférence financière destinée aux analystes, Xavier Niel a évoqué une “nouveauté” chez Free Mobile prévue mardi prochain.

Des investissements à prévoir entre la France et l’Italie

Pour rester dans la course, Iliad-Free est conscient des efforts d’investissements réseaux à consentir. Ils se sont élevés à 1,3 milliard d’euros (hors fréquences 700MHz après attribution des licences par l’ARCEP).

Les niveaux dans la période 2017 – 2018 (hors fréquences) en France seront compris entre 1,4 et 1,5 milliard d’euros par an.

Le groupe télécoms est soutenu par la Banque européenne d’investissement, qui a accordé en fin de semaine dernière un financement de 200 millions d’euros (des formules de crédits à des taux attractifs) pour étendre le déploiement très haut débit.

Sur le front de l’expansion géographique, Iliad-Free avance ses pions en Italie avec la volonté de monter un réseau mobile à partir des actifs récupérés des groupes Hutchison et VimpelCom (dans le cadre du projet de fusion de H3G et Wind).

L’offre commerciale pourrait émerger début 2018 mais le groupe de Xavier Niel garde une certaine discrétion sur ses ambitions. La concurrence locale commence à s’agiter : Telecom Italia lancera d’ici l’été prochain un opérateur mobile à réseau virtuel (MVNO en anglais) du nom de Kena Mobile en proposant des offres low cost.

Un scénario qui rappelle celui de la France. Juste avant l’arrivée de Free Mobile, Orange avait introduit Sosh, SFR avait initié RED et Bougues Telecom s’échauffait avec B&You. Comment dit-on “gare au tsunami” en italien ?


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