Résultats Intel : les fruits de la restructuration germent encore

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La marge de manœuvre se restreint pour Intel, dont la croissance dans l’univers du datacenter a ralenti au 2e trimestre 2016.

Brian Krzanich tiendra-t-il la distance ?

Le CEO d’Intel pilote une restructuration au long cours* qui pèse sur les finances du groupe.

Les résultats financiers pour le 2e trimestre de l’exercice fiscal 2016 – correspondant à la période du 3 avril au 2 juillet – l’illustrent.

En hausse de 3 % sur un an à 13,533 milliards de dollars, le chiffre d’affaires est en dessous du consensus, qui s’établissait à 13,6 milliards.

Le recul de l’activité du « Client Computing Group » y est pour beaucoup. Ce segment, qui inclut les puces pour PC, tablettes, téléphones et les solutions de connectivité, reste le principal poste de revenus d’Intel, mais avec un CA en baisse de 3 %, à 7,338 milliards de dollars.

Ralentissement dans le datacenter

Les volumes de livraison déclinent de 5 % sur les notebooks, de 7 % sur le desktop… et de 49 % sur les tablettes, à environ 5 millions d’unités. Dans le même temps, le prix moyen de vente n’augmente quasiment pas (+ 2 % sur les notebooks ; + 1 % sur desktop). Le résultat d’exploitation progresse néanmoins de 19 %, à 1,911 milliard de dollars.

La dynamique est plus favorable pour le « Data Center Group », qui dépasse les 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+ 5 %), mais dont le résultat d’exploitation chute de 4 % (1,765 milliard), notamment à cause d’un prix de vente moyen en léger repli (- 1 %).

Aucun des autres segments d’activité ne dépasse le milliard de chiffre d’affaires : 572 millions pour la partie IoT (+ 2 %, avec un résultat d’exploitation de 89 millions, soit – 37 %) ; 554 millions (- 20 %) pour la production de mémoire flash NAND (« Non-Volatile Memory Solutions Group », dont le résultat d’exploitation est négatif, à – 224 millions) ; 537 millions pour l’Intel Security Group (+ 10 % à taux de change constant ; résultat d’exploitation multiplié par plus de quatre, à 97 millions).

Le « Programmable Solutions Group », monté au premier trimestre après la prise de contrôle effective d’Altera (fabricant de semi-conducteurs acquis pour 16,2 milliards de dollars), en est à 465 millions de dollars de CA, soit 12 % de plus que ce qu’avait dégagé Altera il y a un an.

Intégrer Altera

Avec un coût des ventes en hausse de 12 %, à 5,56 milliards de dollars, la marge brute s’établit à 58,9 % du chiffre d’affaires (- 3,6 points).

En y ajoutant les 3,145 milliards investis en R&D (+ 1,8 %), les 2,007 milliards en commercial/marketing et administratif (+ 2,9 %), les 1,414 milliard consommés par la restructuration (248 millions il y a un an) et un taux d’imposition en progression de 11,1 points à 20,4 %, le résultat net diminue de plus de moitié : – 51 %, à 1,33 milliard de dollars,  soit 27 cents par action.

Au cours du trimestre, Intel a versé pour 1,2 milliard de dollars de dividendes et racheté pour 804 millions de dollars en actions. Les prévisions pour l’exercice 2016 font état d’une croissance de moins de 10 % du chiffre d’affaires, avec une marge brute autour des 60 % et 1,6 milliard de dollars de charges liées à l’absorption d’Altera (confer la synthèse des résultats au format PDF).

* La France va payer un lourd tribut dans le cadre de cette restructuration, avec un PSE qui induira la fermeture de la majorité des centres R&D d’Intel et la suppression de 750 postes. À l’échelle mondiale, ce sont 12 000 emplois qui doivent disparaître, soit plus de 10 % de la masse salariale du groupe, qui veut se recentrer sur des segments jugés porteurs comme le cloud, l’IoT, la 5G et les circuits intégrés reprogrammables (FPGA).

Crédit photo : NorGal – Shutterstock.com


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