Résultats Netflix : des clients sensibles au « buzz médiatique » ?

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Netflix attribue la faible croissance trimestrielle de sa base d’utilisateurs à un « buzz médiatique » autour de l’évolution des prix de ses offres.

Le vivier américain se tarirait-il pour Netflix ?

Au 30 juin 2016, la plate-forme vidéo recensait 47,129 millions d’abonnés aux États-Unis. C’est à peine 160 000 de plus qu’au 31 mars.

Il faut remonter à 2011 pour trouver trace d’une si faible croissance trimestrielle de la base d’utilisateurs.

Pour Reed Hastings, il n’y a pas péril en la demeure.

Dans une lettre aux actionnaires (document PDF, 13 pages), le CEO de Netflix reconnaît que l’objectif d’un demi-million d’utilisateur supplémentaires – sur lequel Wall Street s’était fixé – n’a pas été atteint. Mais il assure que le nombre de nouvelles souscriptions ne baisse pas : ce qui augmente, c’est le nombre de désabonnements.

La raison, selon le dirigeant : le « buzz médiatique » autour de la généralisation des « nouveaux tarifs » de Netflix.

En mai 2014, l’offre à 7,99 dollars par mois pour une diffusion en HD sur un maximum de deux écrans était passée à 8,99 dollars (le prix avait ensuite été relevé à 9,99 dollars, en octobre de la même année).

À l’époque, les abonnés avaient obtenu un sursis de deux ans au tarif de 7,99 dollars. Sursis qui a donc pris fin au mois de mai. Plus de 17 millions de foyers ont été concernés, selon UBS. Du côté de JP Morgan, on évoquait un taux de désabonnement pouvant atteindre 15 %.

Baisse passagère ?

Netflix ne communique pas de chiffres détaillés, mais sous-entend que la transition a eu un effet négatif sur la croissance de sa base d’utilisateurs.

À l’international, les objectifs ne sont pas non plus atteints : 1,52 million d’abonnés supplémentaires, contre 2 millions attendus… et 2,37 millions ajoutés il y a un an.

Avec 36,048 millions de clients dont 33,892 millions payants, l’activité hors États-Unis n’est toujours pas rentable, avec une marge d’exploitation négative, à – 69 millions de dollars, soit environ 9 % du chiffre d’affaires (758 millions de dollars ; + 67 % sur un an).

Outre-Atlantique, les offres de streaming génèrent un CA en croissance de 18 %, à 1,208 milliard de dollars, avec un revenu moyen par utilisateur en augmentation de 4,5 %. À 34,3 %, la marge brute connaît une croissance limitée à cause des investissements consentis dans la production de contenus.

L’activité de location de DVD et Blu-ray par voie postale fédère encore 4,53 millions d’abonnés, pour une marge brute de 71 millions de dollars.

Netflix passe à la télé

Au global, le CA s’établit à 2,105 milliards de dollars. Malgré une hausse des dépenses marketing (216 millions de dollars), R&D (207 millions) et administratives (138 millions), le résultat net progresse nettement par rapport à l’année dernière : de 26,355 à 40,755 millions de dollars, soit 9 cents par action.

Pour le trimestre en cours, Netflix mise gros sur les Jeux olympiques. Le lancement de la set-top box Comcast X1 aux États-Unis devrait constituer un autre point d’appui, tout comme la déclinaison de l’interface en polonais et en turc.

Netflix mise aussi sur les marchés où la télévision payante est peu développée (l’Australie par exemple), où le taux de piratage est élevé (pays nordiques) ou encore dans lesquels la situation est tendue au niveau des infrastructures (le Mexique pour le paiement, le Canada pour la bande passante…).

Ces derniers mois auront aussi été marqués par les premières diffusions de productions maison à la TV. Tout particulièrement les deux premiers épisodes de Marseille, sur TF1. Netflix a également accéléré ses travaux sur le mobile en commençant à tester le paiement dans Google Play sur les terminaux Android.

Crédit photo : scyther5 – Shutterstock.com


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