Résultats Netflix : dans l’immensité du divertissement numérique

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Netflix se montre franc sur la densité de son environnement concurrentiel à l’heure de publier des résultats froidement accueillis par la Bourse.

« Nous ne sommes qu’un petit bateau dans une mer immense ».

Cette déclaration, on peut la lire en page 6 de la lettre – document PDF – adressée par Netflix à ses actionnaires dans le cadre de la publication de ses résultats financiers pour le 1er trimestre 2016.

En employant cette métaphore, la plate-forme américaine de vidéo à la demande cherche à illustrer l’environnement ultra-concurrentiel dans lequel elle évolue. Elle mentionne d’ailleurs aussi bien YouTube qu’Amazon ou Hulu, non sans évoquer les DVD, les jeux vidéo ou tout simplement la navigation sur Internet.

Bref : pas facile de se faire une place dans le salon numérique. On l’entrevoit dans les prévisions pour le trimestre en cours : Netflix prévoit de recruter 2,5 millions d’abonnés supplémentaires, contre 3,3 millions un an plus tôt.

Les investisseurs ont froidement accueilli cette perspective : l’entreprise dirigée par Reed Hastings a vu le cours de son action plonger de plus de 10 % ce lundi dans les échanges d’après-Bourse sur le Nasdaq… quand bien même elle justifie cette baisse des recrutements par le « succès » rencontré l’année dernière à l’ouverture de ses services en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le défi de l’international

Pour ce qui est du 1er trimestre 2016, la base d’abonnés a connu une hausse sans précédent : + 6,74 millions, dont 4,5 millions hors des États-Unis, où se concentrent encore toutefois 58 % des 81,5 millions d’utilisateurs que compte Netflix – dont 77,71 millions payants.

En incluant les 144,747 millions de dollars dégagés par l’activité de location de DVD et Blu-Ray par voie postale encore exploitée outre-Atlantique, le chiffre d’affaires s’élève à 1,957 milliard de dollars, en nette hausse d’une année sur l’autre (1,4 milliard en 2015).

Si l’activité streaming est profitable aux États-Unis avec 35,5 % de marge brute sur un CA de 1,161 milliard (+ 18 % sur un an) et un revenu moyen par utilisateur en hausse de 3 %, elle ne l’est toujours pas à l’international : – 104 millions de dollars malgré des ventes en progression de 57 % à 651,748 millions de dollars (en tenant compte d’un manque à gagner de 82 millions de dollars lié à l’évolution des taux de change).

Avec des dépenses marketing de 208 millions de dollars et 203 millions injectés en R&D, notamment sur des technologies d’encodage qui ont permis de réduire de 20 % la bande passante consommée à qualité égale, le résultat d’exploitation ressort à 49,453 millions de dollars, pour un résultat net stable d’une année sur l’autre, à 27,658 millions de dollars, soit 6 cents par action.

Du contenant aux contenus

Le trimestre aura été marqué par le lancement de Full House, de la saison 4 de House of Cards et de la saison 2 de Daredevil.

Suivront The Ranch avec Ashton Kutcher, de nouvelles saisons de Bloodline, Orange is the New Black, Unbreakable Kimmy Schmidt… et une plongée dans l’univers du talk-show avec Chelsea.

À l’international, dans la lignée de Club de Cuervos et Narcos, Netflix diffusera, le 5 mai, la première de Marseille. ; puis Hibana au Japon, Suburra en Italie, Dark en Allemagne, etc. À noter qu’environ 5 % du budget dédié aux contenus exclusifs est consacré à la production de films.

Les prévisions pour la période printanière font état d’un chiffre d’affaires de 1,964 milliard de dollars avec une marge brute de 16,4 % et un résultat net à 9 millions de dollars, soit 2 cents par action. Netflix se donne le temps de localiser plus précisément son offre, qui n’est encore disponible qu’en anglais dans certains pays, avec des moyens de paiement limités.

Crédit photo : scyther5 – Shutterstock.com


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