Résultats Salesforce : le cloud en croissance comme les pertes

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Salesforce progresse sur l’ensemble de ses segments d’activité cloud, au prix d’investissements en hausse qui ne permettent pas de dégager de profit.

Belle envolée pour Salesforce ce jeudi à Wall Street : + 5,51 % dans les échanges d’après-Bourse sur le NYSE.

Les investisseurs ont favorablement accueilli les résultats financiers de l’éditeur américain de logiciels de gestion pour le 3e trimestre de son exercice fiscal 2017 – correspondant à la période du 1er août au 31 octobre 2016.

D’une année sur l’autre, le chiffre d’affaires progresse de 25 %, à 2,145 milliards de dollars.

Plus d’un tiers de cette somme (776,2 millions de dollars en l’occurrence) provient de l’offre Sales Cloud, dédiée à la gestion commerciale.

Mais ce n’est pas sur ce segment que la croissance est la plus forte : il faut chercher du côté de Marketing Cloud. La plate-forme de création et de gestion des parcours client affiche un CA en hausse de 46 %, à 247,2 millions de dollars.

Croissance à deux chiffres également pour Service Cloud (solution de service client ; + 19 %, à 589,9 millions de dollars) et App Cloud (+ 38 %, à 370,7 millions de dollars pour la plate-forme de développement d’applications utilisant la technologie Salesforce).

Le reste du business, constitué essentiellement des services professionnels commercialisés via l’AppExchange, représente 161 millions de dollars (+ 39 %). Mais ce segment n’est pas rentable, avec un coût global des ventes à 174 millions de dollars.

Du rouge à l’arrivée

Sur l’ensemble de l’activité, la marge brute s’établit à 72,7 %, en recul de 2,5 points sur un an. Les dépenses en R&D augmentent par ailleurs plus vite que le chiffre d’affaires (+ 30 %, à 311 millions de dollars), tout comme les frais généraux et administratifs (+ 32 %).

Bilan : le résultat d’exploitation s’établit à 3,036 millions de dollars, contre 43,434 millions un an plus tôt.

En normes comptables GAAP, c’est-à-dire en incluant des éléments comme l’amortissement, les rémunérations à base d’actions ou les gains et pertes sur la vente de propriétés immobilières, le résultat net après impôt reste dans le rouge, les pertes se creusant même légèrement, à 37,309 millions de dollars, soit 5 cents par action (voir la synthèse des résultats au format PDF).

La Bourse se sera figuré la croissance du chiffre d’affaire différé : + 23 %, à 3,495 milliards de dollars, pour ces revenus perçus, mais non encore comptabilisés. Dans le même temps, le CA associé à des abonnements non révocables, mais pas encore facturé, atteint 8,6 milliards de dollars (+ 28 %).

Sur ce montant, environ 350 millions de dollars sont associés à l’acquisition de Demandware.

Salesforce avait officialisé, début juin, l’acquisition (pour 2,8 milliards de dollars) de ce groupe américain fournisseur de solutions e-commerce. Il a, dans le cadre de cette opération, intégré 1 050 employés à ses équipes, portant sa masse salariale à près de 24 000 collaborateurs au dernier pointage.

Un business à 10 milliards ?

Les perspectives pour l’exercice fiscal 2017 sont revues à la hausse : il est désormais question d’un chiffre d’affaires dans la fourchette de 8,365 à 8,375 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 24 ou 25 cents par action. Le CEO Marc Benioff vise les 10 milliards sur l’exercice 2018.

Le trimestre écoulé aura été marqué par plusieurs opérations de croissance externe. Sur la liste figurent officiellement Quip (plate-forme collaborative) et BeyondCore (BI, analytics). On parlera au conditionnel pour Krux (DMP axée éditeurs).

Salesforce a aussi participé au deuxième tour de table d’OpenDataSoft, solution de valorisation et de monétisation des données et des API. Tout en faisant front au passage de LinkedIn dans le giron de Microsoft.

L’éditeur estime que ce rapprochement est porteur de « risques » en matière d’innovation, d’ouverture de marché et de vie privée. Il l’a fait savoir à la Commission européenne, dernière autorité à examiner le deal.

Face aux inquiétudes de Bruxelles, Microsoft aurait fait des concessions dont on ignore pour l’heure la teneur.


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