Résultats SAP : la croissance du cloud contrariée par un euro faible

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Pénalisé par la baisse de l’euro, SAP ne parvient pas à maintenir son bénéfice opérationnel en dépit d’un chiffre d’affaires en hausse, notamment sur le cloud.

La faiblesse de l’euro a eu un impact significatif sur les revenus de SAP au dernier trimestre de son exercice fiscal 2014, conclu le 31 décembre.

Les prévisionnels émis ce 12 janvier par le premier éditeur européen de logiciels pour les entreprises font état d’un chiffre d’affaires en hausse annuelle de 7 % (à 5,46 milliards d’euros en normes comptables IFRS). Mais la réduction de la marge opérationnelle (- 3,2 points, à 32,1 %) entraîne un recul du bénéfice d’exploitation, qui passe de 1,8 milliard d’euros au 4e trimestre 2013… à 1,75 milliard un an plus tard.

Outre la baisse de l’euro, qui désavantage SAP sur ses contrats libellés en dollars, les analystes évoquent une conséquence de la transition vers le modèle cloud. Pour autant, les souscriptions à ce type d’offres – et le support associé – ne représentent encore que 350 millions d’euros de facturations. Elles augmentent toutefois de 68 % d’une année sur l’autre, contrastant avec le léger repli des ventes de logiciels hors cloud (- 2 %, à 1,87 milliard d’euros). Dans le même temps, les activités de support ont concentré 2,51 milliards de dollars de dépenses (+ 11 %).

L’acquisition de Concur Technologies, éditeur américain spécialisé dans les solutions de gestion des notes de frais en mode SaaS (Software as a Service) a également pesé sur les comptes. Officialisée à la mi-septembre et finalisée début décembre pour 8,3 milliards de dollars (environ 6,8 milliards d’euros), l’opération s’est déroulée sous la forme d’une OPA amicale à hauteur de 129 dollars par action, soit une prime de 20 % sur le cours boursier constaté lors de l’annonce du rachat.

La tendance est similaire sur l’année 2014 par rapport au seul dernier trimestre, avec en un chiffre d’affaires en hausse de 4 %, à 17,56 milliards d’euros, dont plus d’un milliard provenant des activités cloud. Une première pour SAP. La dynamique moins favorable des ventes de logiciels hors souscriptions (- 3 %, à 4,4 milliards d’euros) est compensée par le support associé (9,37 milliards d’euros, soit + 7 % d’une année sur l’autre). Le groupe d’origine allemande – son siège social est basé à Walldorf, dans le Bade-Wurtemberg – ne parvient cependant pas à maintenir son bénéfice opérationnelle, qui baisse de 3 % pour atteindre 4,33 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle de 24,7 % (- 2 points).

Cloud et mobilité seront au coeur du discours en 2015, tout comme la technologie In-Memory HANA, qui consiste à exploiter en temps réel des données transactionnelles sur une plate-forme unique de base de données en mémoire. Le mid-market est aussi au centre des préoccupations. SAP a d’ailleurs monté une division dédiée : le SMB Solutions Group, point d’entrée unique au niveau mondial pour les entreprises employant jusqu’à 500 salariés, indépendamment de leur chiffre d’affaires.

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