Retour en grâce de Microsoft en Allemagne

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La chance tourne pour Microsoft en Allemagne. Après avoir perdu la municipalité de Munich, voilà qu’il gagne un marché auprès du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie portant sur 110 000 PC.

Il y a quelques mois, la ville de Munich, en Allemagne, défrayait la chronique en décidant de choisir Linux et des logiciels de bureautique open source pour équiper ses 14 000 postes de travail (voir édition du 10 juin 2003). Décision qui avait à ce point ému Steve Ballmer, le CEO de Microsoft, qu’il avait fait le déplacement pour tenter, en vain, de convaincre les édiles munichois de rester fidèles à Windows. Sur la base de cet exemple, il semblait alors légitime de penser que Linux était désormais mûr pour équiper les PC des entreprises et allait, au moins dans un premier temps en Allemagne, rapidement tailler des croupières à Windows. A l’évidence, les choses ne sont pas si simples puisque Microsoft vient de remporter un contrat avec le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, l’un des plus peuplés d’Allemagne, afin d’équiper 110 000 PC d’Office 2003.

Pourtant, l’administration fédérale et locale allemande est fortement incitée à choisir des logiciels libres. Rappelons en effet qu’il y a plus d’un an, le ministère de l’Intérieur a noué pour elle un partenariat avec IBM qui conditionne l’octroi de réductions sur l’achat de nouveaux ordinateurs à l’installation sur ces matériels de la suite Linux du distributeur allemand Suse (voir édition du 26 juin 2003). Cette politique avait rencontré un incontestable succès avant que, manifestement, la contre-offensive de Microsoft pour rester dans la course dans les appels d’offres des marchés publics allemands ne porte ses fruits. Mais indépendamment des rabais que Microsoft a pu proposer aux uns et aux autres, il y a incontestablement, dans l’état actuel de l’offre open source, des arguments objectifs plaidant en faveur de la fidélité à Microsoft. Le Gartner Group a ainsi récemment montré que, dans bien des cas, il était plus onéreux pour une entreprise de migrer vers Linux que de mettre à jour son parc de PC sous Windows. En effet, dans l’évaluation de l’une ou l’autre solution, il faut prendre en compte l’ensemble des coûts relatifs à l’administration d’un parc de PC et pas seulement le prix facial des licences (voir édition du 10 septembre 2003).


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