RetSpan dénonce les dérives sur les réseaux BitTorrent

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L’association française, qui lutte contre les échanges illégaux de fichiers en ligne, veut obtenir la fermeture du site Suprnova.org, fer de lance dans ce domaine avec l’application BitTorrent.

Le réseau BitTorrent Suprnova.org va-t-il plier sous les assauts de RetSpan ? Le 19 octobre,l’association française de lutte contre la piraterie de contenus en ligne a déposé une plainte auprès de l’IFCC (Internet Fraud Complaint Center), un organisme américain qui recense les actions frauduleuses sur Internet. RetSpan reproche à Suprnova de proposer des “dizaines de milliers d’oeuvres disponibles sur le réseau peer-to-peer BitTorrent [et] les fichiers dits Torrent nécessaires à l’initialisation du téléchargement de ces oeuvres”. Il est vrai que Suprnova.org fait figure de référence auprès des amateurs du protocole BitTorrent.

Selon les représentants de RetSpan, Suprnova génère 80 millions de pages vues par jour. Un trafic énorme qui permet aux auteurs du site de gagner de l’argent via la vente d’espaces publicitaires. “On ne peut pas tolérer le fait que les créateurs de ces sites agissent en toute impunité. C’est une vraie mafia”, déclare un responsable de RetSpan dans son communiqué. En conséquence, les anti-pirates demandent la fermeture pure et simple du site. Des actions équivalentes contre d’autres sites similaires pourraient suivre “dans les semaines à venir”, notamment en Europe.

Passivité des producteurs

Il n’est pas évident que RetSpan arrive à ses fins. D’abord parce que le responsable du site est enregistré de manière anonyme selon les WhoIs (les annuaires des administrateurs de sites Web). Selon RetSpan, l’auteur serait slovène. “Le fait que ce pays fasse désormais partie de l’Union Européenne est une bonne chose”, déclare Antoine Scoyoc, responsable du département d’investigation de RetSpan, “la coopération entre les différents services de police européens.” Ensuite, même si les autorités parviennent à fermer les serveurs d’hébergement, rien n’empêchera ses auteurs d’effectuer une migration du site.

Enfin – et c’est le plus surprenant – RetSpan avoue la passivité des producteurs, principales victimes de ce pillage en ligne. “Nous regrettons juste que les industriels n’aient pas réagi plus tôt lorsque nous leur avons parlé de ce dossier. Ils ne devraient pas toujours attendre qu’il soit trop tard pour agir ! Nous avons besoin de moyens mais aussi de support pour mener à bien ce combat.” Comment RetSpan pourra-t-elle réussir là où une industrie, défendue notamment par une association aussi puissante que la MPAA, n’a jusqu’à présent rien pu faire ? Vendredi après-midi, Vnunet.fr n’a pas réussi à joindre l’association pour préciser ce point.


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