Robots et intelligence artificielle : les perspectives alarmistes de Jack Ma

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Jack Ma (Alibaba) fait part d’une vision plutôt alarmiste quant au développement de la robotique en lien avec l’intelligence artificielle.

Conjugué à l’allongement de l’espérance de vie, le développement de la robotique en lien avec l’intelligence artificielle sera une source majeure de conflits sociaux dans les prochaines décennies.

Ce constat est signé Jack Ma.

Le fondateur et président exécutif du groupe Internet Alibaba s’est exprimé dans le cadre d’une conférence qui réunissait, à Zhengzhou, un parterre d’entrepreneurs chinois.

Affirmant que l’IA deviendra inéluctablement plus performante que l’humain dans la prise de décisions, aussi bien par sa mémoire sans limites que par le fait qu’elle n’éprouve pas de sentiments susceptibles d’introduire un biais dans la réflexion, il est allé jusqu’à affirmer que dans un horizon de 30 ans, le CEO de l’année sur la couverture du Time « pourrait être un robot ».

Non sans rappeler avoir « averti, de la même manière, il y a 15 ans », les acteurs du commerce quant à la menace que représentait le développement d’Internet, Jack Ma estime qu’il faudra évoluer dans une logique de coexistence avec la machine, qui ne devra idéalement accomplir que les tâches irréalisables par l’humain.

L’UE sur le qui-vive

Une réforme des systèmes éducatifs serait requise en conséquence, pour encourager la créativité et l’innovation, gage de « millions de créations d’emplois », à en croire le dirigeant, qui déclare qu’il y aura « plus de peine que de joie ».

Ses propos font partiellement écho aux recommandations que le Parlement européen a récemment adressées à Bruxelles pour appeler à une proposition de directive en matière de droit civil sur la robotique.

Jugeant l’essor de la robotique « préoccupant pour la viabilité des régimes d’aide et de sécurité sociale », les députés y voient aussi une source potentielle de « creusement des inégalités dans la répartition des richesses et de l’influence ».

Considérant qu’il faut réfléchir à l’avenir de l’éducation, de l’emploi et des politiques sociales, ils suggèrent notamment d’élaborer un code de conduite pour les ingénieurs, de songer l’exploitation de « boîtes noires » dans une logique de transparence des processus décisionnels et d’envisager la création d’un statut juridique spécifique.


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