Rok Solution explore la transformation digitale par le collaboratif et les apps

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Rok Solution (“hub collaboratif”) a monté une session “transformation numérique en entreprise” avec des invités : Gilles Babinet, DigitasLBi, BearingPoint, Arnaud Montebourg…

C’est à désespérer si l’on se trouve uniquement à “l’an 1 du digital”.

Pourtant, c’était l’intitulé de la conférence organisée mardi soir à Paris par Rok Solution du nom d’un éditeur exploitant un “hub collaboratif” dans le cloud pour les entreprises à partir des plateformes Azure (Microsoft) et Canopy (Atos) : modélisation, workflows, règles de gestion, gestion documentaire (GED) et gestion des connaissances en entreprise (knowledge management)…

Début avril, l’éditeur a lancé une nouvelle version de sa plateforme qui met l’accent sur la dimension de “bureau digital utilisateur” plus concis et plus personnalisable par poste utilisateur.

Il s’adresse à diverses directions (RH, finance, marketing..) ayant des problématiques de gestion de projets en groupe.

Elle intègre également un module Automation Tool pour offrir des capacités de modélisation plus importantes : un nouveau moteur de workflow interopérable avec les applicatifs soit par le biais de Services Web disponibles soit par le biais d’un simulateur de navigation sur le Web (en l’absence d’API).

Au cours de la soirée, Rok a également évoqué un nouveau module ROK & Wall, qui traduit une vision de l’interface du cube de modélisation et de mur digital accessible sur laptop, tablette et mobile pour le compte des collaborateurs et des managers (gestion des apps, des instructions et des tâches).

L’an passé, la société Rok (acronyme de Risk Organization Knowledge), présidée par Olivier Bourrouilh, avait effectué une levée de fonds de 1,5 million d’euros auprès de StarQuest Capital et de business angels.

Elle affiche actuellement 12 clients (finances, groupes du CAC 40 et cabinets conseil). Dotée d’une équipe d’une quinzaine de personnes, ROK devrait réaliser un chiffre d’affaires de deux millions d’euros en 2015.

Le numérique touche tous les secteurs d’activité

Dans le cadre majestueux de la bibliothèque de l’Automobile Club de France (Place de la Concorde), la transformation numérique en entreprise, qui transcende tous les secteurs d’activités avec plus ou moins de virulence, a été décortiquée par une série d’intervenants.

Au nom de Rok (acronyme de Risk Organization Knowledge), son vice-président Michaël Tartar, co-auteur d’un ouvrage sur le thème de la “Transformation digitale : 5 leviers pour l’entreprise” publié en septembre 2014, considère que l’on assiste à des vrais changements de paradigme dans des secteurs divers comme l’édition, l’automobile, la banque, le transport, la santé…

michael-tartar-rok-solution-insert-articleNe serait-ce que sous le prisme de l’économie de partage avec BlaBlaCar comme ambassadeur, les positions acquises sont bousculées avec les nouveaux usages associés au numérique.

Parfois, les initiatives prennent l’allure de véritables offensives, considère Michaël Tartar. Illustration avec la grande distribution : Face à Amazon, Michel-Edouard Leclerc a indiqué qu’il comptait investir un milliard d’euros pour développer le multicanal.

Les places traditionnelles sont remises en cause : les éditeurs les plus influents du secteur IT (IBM, Adobe, SAP, Microsoft….) se lancent aussi à l’assaut du digital.

Des mouvements qui suscitent des craintes et des réticences. “Nous assistons à une ‘uberisation’ des sociétés qui ont peur d’être confrontées à la vague du digital”, considère Michaël Tartar.

Il édicte cinq règles qui servent de piliers à l’offre Rok : “modéliser l’intégrité des organisations”, “interconnecter les apps”, “créer ses propres apps”, “personnaliser les interfaces”, “exploiter le multi-devices instantanément” et “avoir une techno agile”.

Générer des apps pour les métiers et le business

En qualité de partner chez DigitasLBi (groupe Publicis) du nom d’une agence numérique au service des entreprises, Daniel Gaujac assure que le nouveau produit Rok permet “de transformer l’entreprise de l’intérieur” en permettant de générer des apps directement pour le business et les métiers.”Le tout pour zéro coût de développement et de maintenance”, argue notre interlocuteur un brin VRP pour Rok.

“C’est une solution formidable et intuitive pour designer ses propres apps” voire “transformer son espace de travail en bureau digital”.

daniel-gaujac-digitasLBiDaniel Gaujac met en avant le cas de l’enseigne Decathlon qui a exploité une application générée en deux jours avec la solution ROK qui a permis de faciliter le processus de clôture des comptes : suppression de milliers de mails pour boucler cet exercice rigoureux (“35 000 mails supprimés”) et création de fonctions utiles comme un réseau formalisé de contacts dans le monde (“accès à plus de 11 000 contacts”).

Le tout avec seulement “deux comptables formés à l’application en quatre heures” selon Daniel Gaujac.

De manière plus globale, les solutions Rok visent à prendre en compte les outils existants (comme l’ERP) et à y intégrer “une surcouche de cloud” pour gagner en agilité.

kevin-barrett-dirigeants-et-partenairesAutre client témoin : à partir de la plateforme Rok, Kevin Barrett, du cabinet Dirigeants & Partenaires (outplacement de dirigeants pour un “coaching de transition”), explique comment sa société a conçu une application de mise en relation pour “ouvrir son réseau de manière pertinente et qualitative”.

L’outil Goldmine, “capable d’interroger six bases en simultané”, répond à trois problématiques : accès simplifié, ordre d’accès logique et gestion des codes et logins pour l’exploitation des ressources.

Kevin Barrett témoigne : “ROK permet de piloter un réseau social agile, sécurisé, de façon dynamique au plus près de nos clients et collaborateurs.”

Sortir de l’organisation en silos

Pour l’intervention suivante, Eric Campanini, Partner chez BearingPoint, met l’accent sur la relation client “condamnée à innover” et la “nouvelle expérience” entre le client et le collaborateur.

eric-campanini-bearing-pointDes mots-clés comme “confiance et transparence”, “expérience contextualisée”, “innovation sans fin”, “capacité d’improvisation” entrent en jeu. “Il faut mettre en place des plateformes ouvertes et agiles centrés sur les individus et les usages”, considère Eric Campanini.

“Il faut mettre en place une plateforme qui évolue hors des silos et centrée sur le collaborateur”, estime le représentant de BearingPoint. Dans les nouvelles façons de travailler et de présenter les nouvelles offres, il faut rechercher l’interactivité avec le client.

” On cherche à supprimer les slides, on veut voir les résultats immédiatement et de façon concrète”. Tout en admettant que sa prestation est quelque peu “contradictoire” au regard de la démonstration réalisée avec l’appui de…slides.

Accompagner les ETI dans la transformation numérique

Pour replacer le débat de l’entreprise à l’ère numérique, Gilles Babinet, Digital Champion pour la France auprès de la Commission européenne et co-fondateur de Captain Dash (création de dashboards pour l’exploitation des data dans une vision de business intelligence), avait introduit la session en revenant sur la nécessaire adaptation du tissu industriel en France.

Si les groupes intégrant l’indice CAC 40 s’adapte globalement à la nouvelle donne (“l’outil productif est à peu près à l’heure”), c’est plus compliqué pour les entreprises de taille moyenne.

gilles-babinetPlusieurs raisons sont évoquées : rigidité organisationnelle, déficit de compétences numériques, manque de marges de manoeuvre financière…

Résultat, dans une récente étude multi-factorielle de l’Union Européenne sur l’adaptation digitale des entreprises, la France est placée 15ème sur 28. Pas terrible.

Difficile de ne pas évoquer le “dada” de Gilles Babinet : le big data (au cœur d’un ouvrage récemment publié) résumé en trois caractéristiques (volume, vélocité et variété) et en trois vocations (“révéler, prédire et agir”).

“La beauté du big data ? Il fonctionne comme l’œil humain.On garde l’information sous sa forme la plus originelle et on l’analyse comme on la souhaite.”

Gilles Babinet fournit quelques règles pour accompagner les entreprises dans l’adoption du numérique :
– former le top management;
– créer un Masterplan : monter des projets à long terme (même si”cela peut prendre du temps et de l’argent”) et établir des “quicks wins” au travers des petits projets extrêmement astucieux;
– développer l’open innovation et la culture de la data dans l’entreprise;
– distinguer la dimension “legacy management” (les solutions technologiques trop rigides qui freinent l’innovation comme c’est le cas en général avec les outils ERP) de la culture d’entreprise en vue d’un “sursaut”.

 La petite touche techno et politique

En invité d’honneur, Rok Solution a accueilli Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique qui effectue une plongée dans le monde de l’entreprise.

Il a pris des fonctions de vice-président en charge de l’Innovation pour l’enseigne Habitat et a intégré le comité d’orientation stratégique de Talan spécialiste de la “transformation agile”.

La cerise sur le gâteau Rok qu’ITespresso.fr n’a hélas pas pu suivre mais on trouve quelques extraits de son intervention sur le fil Twitter de Rok Solution.

L’ancien ministre, qui a démissionné de ses fonctions en août 2014, établit une jonction entre les deux mondes investis :

Chassez le naturel, il revient au galop.


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