Rupert Murdoch confirme sa volonté de rendre gratuit WSJ.com

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Le nouveau propriétaire du groupe Dow Jones compte sur l’e-pub pour gonfler les revenus du quotidien économique en ligne, exploité jusqu’ici en mode payant.

Il devient de plus en plus probable que l’accès au site du célèbre quotidien économique Wall Street Journal devienne gratuit. Rupert Murdoch, le magnat australo-américain qui a récemment acquis le groupe Dow Jones (éditeur du WSJ), l’a déclaré mardi au journal The Australian.

Selon ce journal et plusieurs agences de presse australiennes, Rupert Murdoch a déclaré à propos du site Internet du WSJ : “Nous sommes en train de l’étudier et nous pensons le rendre gratuit.”

Pourtant, WSJ.com peut être fier de son résultat : le quotidien économique en ligne recense un million d’abonnés. Un record pour un site d’information qui a su profiter d’un marché de niche et d’une audience d’internautes plutôt ancrés dans la catégorie CSP +. Par comparaison, les sites de principaux médias nationaux français ne dépassent pas les 100 000 abonnés. Quant au New York Times, il a abandonné l’exploitation de son site Internet par abonnement depuis septembre. L’accès aux news et aux archives est gdésormais gratuit.

En ouvrant les vannes du Wall Street Journal en ligne, Rupert Murdoch, qui prendra officiellement le contrôle du journal à partir du mois prochain, espère multiplier la fréquentation du site par 20. Ce gain d’audience pourrait avoir lieu en Europe, où la version imprimée du Wall Street Journal est difficilement accessible. L’accès gratuit à son site Internet pourrait donc faciliter la conquête de nouveaux marchés.

Risque de faire fuir les lecteurs

L’annonce du magnat de la presse a toutefois été tempérée par certains responsables au sein même du groupe Dow Jones, qui qualifient ces déclarations de prématurées. L’ouverture du site ne fait pas l’unanimité au sein du groupe. L’afflux d’annonces publicitaires sur le site risque en effet de faire fuir certains lecteurs, voire d’engendrer une baisse d’audience, selon les analyses les plus pessimistes. D’autres insistent au contraire sur une augmentation du trafic grâce à l’indexation des pages du WSJ.com dans les moteurs de recherche. Un site en accès libre a aussi plus de chance d’être mentionné par les blogueurs.

Malgré les revenus générés par les souscriptions au WSJ.com (60 millions de dollars par an), il ne fait pas de doute qu’un vent nouveau souffle sur les sites d’information. Le modèle économique de la gratuité semble progressivement s’installer dans les esprits, du moins dans les pays anglo-saxons. La publicité devient en effet un modèle rentable pour des sites dont le trafic est important.

Récemment, le Financial Times, concurrent britannique du Wall Street Journal, a lui aussi changé de stratégie en proposant la consultation gratuite de 30 articles par mois. Au-delà de ce quota, la consultation devient payante.


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