De Sailfish OS au crowdfunding : Jolla choisit la voie alternative

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Afin d’accompagner l’incursion de son OS mobile alternatif dans le monde des tablettes, Jolla choisit un mode de financement… alternatif : le crowdfunding.

Successeur désigné de MeeGo et alternative revendiquée à Android, le système d’exploitation mobile Sailfish OS gagne officiellement l’univers des tablettes, un an après ses débuts commerciaux.

A la baguette, on retrouve toujours la société finlandaise Jolla, fondée en 2011 par d’anciens employés de Nokia qui n’avaient pas suivi le virage vers Windows Phone. Le projet implique aujourd’hui une équipe d’environ 120 personnes entre Helsinki et Tampere (Finlande), avec un relais à Hong Kong et un pôle R&D en Chine continentale.

Sailfish OS fut rendu accessible au public fin 2013, mais uniquement à travers le smartphone modulaire baptisé Jolla (399 euros pour ce produit doté d’un écran de 4,5 pouces, d’un processeur bicoeur et de la connectivité 4G). La première version finale – 1.0 – n’avait été livrée qu’au printemps 2014, le temps pour Jolla de peaufiner l’un des atouts de son offre : la compatibilité avec les applications Android.

Quelques partenariats avaient également été noués avec des éditeurs-clés comme Rovio (jeux mobiles, dont Angry Birds) et F-Secure (solutions de sécurité). Jolla avait aussi affirmé son ambition de redonner du service aux terminaux Android dont le support avait pris fin. C’est dans cet esprit que Sailfish OS 1.0 était compatible avec plusieurs modèles des séries Samsung Galaxy et Sony Xperia, sortis pour la plupart en 2011 ou 2012 et calés à l’époque en haut de gamme.

Cette compatibilité est reconduite avec Sailfish OS 2.0, qui propulsera la première tablette de Jolla. Le produit a été présenté dans le cadre de la conférence Slush, qui réunit actuellement, à Helsinki, investisseurs et entreprises high-tech. L’accent est mis sur un système multitâche “aux fonctionnalités avancées” ainsi que sur la vie privée : pas de données collectées, assurent les équipes de Jolla.

De l’Intel sous le capot

Au niveau matériel, on se rapproche de la Nokia N1 dévoilée ce 18 novembre : écran IPS de 7,85 pouces en 2048 x 1536 pixels (330 ppp), puce Intel (4 coeurs à 1,8 GHz), 2 Go de RAM et 32 Go de mémoire interne. La Jolla Tablet – c’est son nom – est toutefois un peu plus lourde (384 g) et épaisse (8,3 mm), malgré une batterie moins puissante (4300 mAh). A noter aussi la plus faible résolution des capteurs d’images : 2 et 5 mégapixels, contre 5 et 8 mégapixels sur la Nokia N1.

Le démarrage commercial est prévu en mai 2015, pour un tarif unique annoncé à 249 dollars (à voir les équivalences en Europe). Mais il est d’ores et déjà possible de réserver un exemplaire sur la plate-forme de crowdfunding Indiegogo. Les fonds récoltés dans le cadre de la campagne lancée ce 19 novembre devront permettre de lancer la fabrication, avec à la clé quelques milliers d’unités… Voire des dizaines de milliers et pour cause : l’objectif de 380 000 dollars a été dépassé en moins de 24 heures. Et à 21 jours du terme de la campagne, la cagnotte s’élève à plus de 625 000 dollars.

Les 1000 exemplaires à 189 dollars sont tous réservés. Même constat pour les 1000 suivants, proposés à 199 dollars. On en est désormais au palier des 204 dollars, avec environ 800 tablettes restantes, sur les 2000 disponibles à la réservation. En sachant que, sur le principe même du crowdfunding, les participants à cette opération par don avec “contrepartie en nature” (ici, une tablette) pourront suivre l’évolution du projet et participer à son développement.

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Crédit photos : Jolla


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