Samsung Electronics : résultats en progrès et management réorganisé

Un chiffre d’affaires en hausse de 30 %, pour un résultat d’exploitation quasi triplé et un bénéfice net plus que doublé : d’une année sur l’autre, c’est le grand écart dans les résultats financiers de Samsung Electronics.

Au 3e trimestre 2016, la firme sud-coréenne avait payé cher le fiasco Galaxy Note7, reconnaissant à quel point la phablette, objet d’un rappel massif pour des problèmes de batterie, avait pesé sur son activité globale.

Un an plus tard, le contexte est plus favorable, avec un Galaxy Note 8 qui a connu un démarrage commercial « sans précédent » dans cette gamme… à en croire Samsung.

Les revenus de la division « IT & Mobile Communications » s’en ressentent : à environ 24,7 milliards de dollars, ils augmentent de 23 % en un an.

La valeur est tirée pour l’essentiel – à hauteur de 24,3 milliards de dollars en l’occurrence – des ventes de terminaux mobiles, également portées par les smartphones Galaxy J.

Les semi-conducteurs ont la forme

On ne retrouve pas cette dynamique de croissance pour ce qui est des revenus associés aux réseaux télécoms, faute d’investissements soutenus de certains clients dans les infrastructures LTE hors Corée du Sud.

À environ 2,9 milliards de dollars, le résultat d’exploitation de la division « IT & Mobile Communications » est nettement supérieur à celui de la division « Consumer Electronics », qui recule de 45 % sur un an, passant sous les 400 millions de dollars (pour un chiffre d’affaires de 9,9 milliards).

Samsung Electronics impute cette baisse aux prix croissants des panneaux OLED, ainsi qu’à des investissements plus importants dans le BtoB, notamment sur les solutions d’affichage dynamique.

Le segment le plus profitable reste celui des composants : 25 milliards de dollars de C.A., c’est 38 % de plus d’une année sur l’autre, pour un résultat d’exploitation qui frôle les 10 milliards (contre environ 4 milliards au 3e trimestre 2016).

Les sous-segment des semi-conducteurs représente l’essentiel des revenus de la division « Device Solutions », à 17,8 milliards de dollars (+ 51 %), dont 14,5 milliards pour la mémoire (+ 65 %). La partie « Display Panel » progresse aussi, entre autre grâce aux écrans OLED flexibles.

Les résultats d’Harman, dont Samsung a finalisé l’acquisition en mars dernier, sont communiqués séparément. À 1,9 milliard de dollars, le chiffre d’affaires est stable par rapport au 2e trimestre 2017. Le résultat d’exploitation est tout juste positif, reflétant les coûts associés à la transaction.

Un fauteuil pour trois

Samsung Electronics, qui dispose d’environ 70 milliards de dollars de liquidités, a officialisé, quelques heures après la présentation de ses résultats, une réorganisation de son management.

Trois directeurs de divisions sont promus co-CEO de Samsung Electronics : Kinam Kim, Hyunsuk Kim et Dongjin Koh.

Le premier, arrivé au sein de la firme en 1981, dirige l’activité semi-conducteurs depuis 2014. Le second, arrivé en 1992, est à la tête de l’activité « Display » depuis 2011. Le troisième gère depuis deux ans l’aspect opérationnel du business du mobile.

Le trio prend la suite d’Oh-Hyun Kwon (directeur de la division « Device Solutions »), de Boo-Keun Yoon (directeur de la division « Consumer Electronics ») et de Jong-Kyun Shin (directeur de la division « IT & Mobile Communications »).

Oh-Hyun Kwon, par ailleurs président du conseil d’administration de Samsung Electronics, sera remplacé, au terme de son mandat le 15 mars 2018, par le directeur financier Sang-Hoon Lee, qui quitte son poste pour l’occasion.

L’intéressé avait officialisé son départ à la mi-octobre, expliquant vouloir passer la main à « une nouvelle génération » dans un contexte de « crise sans précédent ».

La crise en question touche les hautes sphères de Samsung, à commencer par Jay Y. Lee, considéré comme l’héritier naturel du conglomérat… et condamné, cet été, à cinq ans de prison pour corruption, détournement de fonds, fuite de capitaux et parjure.

Interrogé le mois dernier par le Süddeutsche Zeitung, Boo-Keun Yoon avait assimilé Samsung à un « navire sans capitaine ».