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Sciences numériques : l’Inria trace sa feuille de route 2008-2012

La matière grise est un nerf de la guerre, mais aussi l’argent. En prolongement de la présentation du plan stratégique 2008-2012, Michel Cosnard a rappelé que son institut a signé en mars 2007 « un contrat d’objectifs et de moyen » pour la période 2006-2009 avec ses ministères de tutelle (l’Enseignement supérieur et la Recherche d’un côté, l’Industrie de l’autre).

Les premiers engagement se sont concrétisés puisque l’Inria dispose depuis le début de l’année de trois nouvelles unités de recherche de Saclay, Bordeaux et Lille. L’institut orienté STIC dispose désormais de huit centres régionaux avec un bataillon de 2800 chercheurs (avec un échantillon de 15 à 20% de femmes) dont 1000 doctorants. Son budget annuel s’élève à 186 millions d’euros pour 2008, dont 40 millions en provenance de ressources externes comme l’Agence Nationale de la Recherche, l’Union européenne et les contrats directement signés avec des entreprises pour monter des projets R&D en commun.


Michel Cosnard est également sur les relations qu’il entretient avec le monde extérieur. Commençons avec les universités françaises qui vont bénéficier de plus en plus d’autonomie (notamment financière). « Nous voulons établir des relations de pair à pair avec les universités en leur proposant des accords-cadre », déclare le PDG. Avec la possibilité de monter des équipes projets Inria en relais avec les établissements universitaires, qui disposeront de leurs propres laboratoires. Les liens s’étendent également vers les pôles de compétitivité. L’Inria revendique des « implications » avec une vingtaine d’entre eux.

En phase avec l’industrie

Surtout ne pas oublier l’industrie au risque de heurter la sensibilité. « Travailler avec les entreprises, cela fait partie de notre culture », assure le PDG de l’Inria. Dans son esprit, « l’excellence scientifique doit être en prise avec les grands enjeux de société ». Grâce à son activité de transferts de technologies, l’Inria a contribué à la création d’une centaine de jeunes pousses.

L’une des « success stories » les plus souvent mises en avant s’appelle Kelkoo : la technologie derrière le moteur de shopping (désormais propriété de Yahoo) provient des travaux de recherche sur la médiation d’information menés conjointement par l’Inria et Bull à la fin des années 90.

Les ponts avec le monde de l’industrie se concrétisent sous forme de laboratoire en commun : France Telecom, Alcatel-Lucent… « et bientôt Total », souffle Michel Cosnard. En France, non seulement on a des idées mais on a aussi du pétrole. CQFD.

Derniers commentaires




2 Responses to Sciences numériques : l’Inria trace sa feuille de route 2008-2012

  • Le 24 avril 2008 à 23:23 par David

    Je suis assez surpris et déçu de l’absence de champ d’investigation lié au développement durable dans le programme de l’INRIA.

    Dans le contexte actuel d’urgence environnementale, l’informatique représente à elle seule 3% des émissions de gaz à effet de serre soit l’équivalent de celles de l’aviation.

    Il serait donc souhaitable d’étudier l’optimisation du fonctionnement des systèmes et notamment des composants électroniques, de l’alimentation électrique et des applications logicielles.

    Par ailleurs, les TIC représentent un formidable outil de réduction de l’emprunte carbone de par leur capacité à dématérialiser et donc à réduire l’emprise de l’activité humaine sur les ressources naturelles.

    J’espère que ce billet éveillera l’attention de nos chercheurs IT sur des sujets devenus aujourd’hui vitaux.

  • Le 2 juillet 2008 à 21:03 par Maxime

    L’INRIA intervient dans le champ logiciel, pas dans le champ « matériel », me semble-t-il ?

    Le auto-proclamé « développement durable » me parait plus appartenir au monde du hardware.

    M’enfin…

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