SCO ne fait pas (encore) peur aux entreprises

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La croisade juridique dans laquelle s’est lancé SCO Group pour faire reconnaître ses droits sur Linux peut-elle entamer la progression de ce dernier dans les entreprises ? D’après Netcraft, qui ausculte les sites Web des grands groupes, tel n’est pas le cas. Pour l’instant…

SCO Group, en affirmant détenir des droits sur le noyau d’Unix qui, selon lui, aurait été partiellement copié dans le noyau de Linux 2.4, mettant du même coup ses utilisateurs dans l’illégalité, a-t-il créé un climat, selon l’expression américaine, de peur, d’incertitude et de doute (fear, uncertainty and doubt, FUD) ? Autrement dit : suite à la démarche de SCO, la diffusion de Linux dans les entreprises risque-t-elle de marquer le pas, au profit des systèmes d’exploitation concurrents ? L’enquête mensuelle réalisée par Netcraft sur les OS utilisés par les sites Web des grands groupes permet de prendre la température. Ce sont en effet 24 000 sites Web de 1 500 grands groupes mondiaux qui sont chaque mois passés en revue par Netcraft. Les mêmes entreprises qui ont reçu il y a deux mois une lettre de SCO les informant des risques juridiques qu’elles encourent en utilisant Linux (voir édition du 15 mai 2003). Et ce que montre l’indicateur de Netcraft, c’est que le système libre continue son bonhomme de chemin, comme si de rien n’était. Depuis deux mois, Linux a ainsi conquis 100 nouveaux sites parmi lesquels ceux de Deutsche Bank, T-Online ou encore Schwab.

Exclure Linux des applications critiquesCette tendance se confirmera-t-elle dans les prochains mois ? Ce n’est pas évident si l’on en croit le Gartner Group. Le cabinet d’études estime que la récente décision de SCO de proposer aux entreprises utilisatrices de Linux de régulariser leur situation en lui payant une sorte de taxe (voir édition du 22 juillet 2003) au titre de ses droits à la propriété intellectuelle – taxe que Gartner estime entre 500 et 700 dollars par serveur – est de nature à gêner Linux et, par conséquent, à favoriser tant Windows qu’Unix. Ce système de licence ferait perdre en effet à Linux son caractère Open source, et du même coup une part de son attractivité par rapport aux logiciels propriétaires. En attendant que la situation se décante, Gartner conseille aux entreprises de différer tout projet Linux concernant des applications critiques. Surtout, le cabinet met en garde contre la tentation de pratiquer la politique de l’autruche et en particulier de compter sur IBM pour régler le problème SCO. La partie la plus visible de la démarche de SCO est effectivement le procès intenté à IBM. Mais même s’il n’obtient pas gain de cause, SCO peut fort bien poursuivre individuellement les utilisateurs de Linux. Si tel est le cas, Gartner rappelle que les pénalités seront alors bien supérieures au coût de souscription d’une licence.


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