Scour traîné devant les tribunaux

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Aux Etats-Unis, les industriels du disque et de la vidéo réunis dans les associations RIAA et MAA ont déposé une plainte en justice pour interdire l’échange d’oeuvres déposées à l’aide du logiciel Scour.

La guerre est déclarée au logiciel Scour (voir édition du 18 juillet 2000). Les maisons de disques de la Recording Industry Association of America (RIAA) et les éditeurs de films vidéo réunis au sein du MAA (Motion Picture Association of America) ont en effet déposé une plainte commune à New-York contre l’éditeur de Scour, pour mettre fin à l’échange de fichiers protégés par le droit d’auteur.

Les deux organisations rassemblent le gratin mondial des producteurs de contenus audio et vidéo. On y retrouve Sony, Warner, Universal, Disney, BMG ou encore Paramount. Alors que l’industrie du disque est largement impliquée dans la chasse aux copies de titres audio récupérés à l’aide de Napster, l’attitude était encore à l’observation du côté du monde cinématographique. Il est vrai que les débits d’un modem 56K empêchent de récupérer des fichiers vidéo de plusieurs centaines de Mo au format Divx (voir édition du 15 mai 2000). La MPA est néanmoins inquiète car la généralisation du haut débit (ADSL, câble) pourrait changer la donne, le délai de téléchargement nécessaire passant de plusieurs jours à quelques heures.

Selon le site The Standard, les plaignants demandent la bagatelle de 150 000 dollars par oeuvre piratée échangée à l’aide de Scour. Le président de la société, Dan Rodrigues, s’est déclaré “surpris” par l’attaque en justice, alors que des discussions avaient été engagées. Des licences auraient même été signées en partenariat avec Miramax et Hollywood Records pour proposer en toute légalité des contenus aux utilisateurs du logiciel. Et en même temps, la société fait savoir qu’elle s’estime en conformité avec les lois américaines.

Ce nouvel épisode judiciaire ne manquera pas d’alimenter la polémique sur l’impact de l’échange de fichiers. Une nouvelle étude du cabinet Jupiter Communications indique que la dissémination de Napster ne menace pas forcément les intérêts de l’industrie musicale, au contraire. “Parce que les utilisateurs de Napster ont un enthousiasme pour la musique, il est logique de penser qu’ils sont davantage susceptibles d’acheter et d’augmenter leurs dépenses à l’avenir”, explique l’analyste Aram Sinnreich. L’enquête réalisée auprès de 2 000 internautes ayant téléchargé le logiciel montrerait que 45 % d’entre eux sont enclins à augmenter leurs dépenses en titres audio. Ces chiffres vont à l’encontre d’une autre étude qui indique que les ventes de CD audio chutent aux alentours des universités américaines (voir édition du 31 mai 2000), haut-lieu de l’utilisation de Napster. Les débats sont donc loin d’être clos.

Pour en savoir plus :

* Scour

* RIAA

* MPAA


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