Scruter les mails : un sport international

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Le FBI doit fournir à la justice un calendrier de ses explications sur Carnivore d’ici 10 jours. En Grande Bretagne, une loi votée le 28 juillet autorise le gouvernement à surveiller les emails, mais déjà une étude décrédibilise le système. Autre mesure britannique : une directive oblige les employeurs à dévoiler leur politique de surveillance du réseau. En Hollande les services de renseignement utiliseraient un système proche du fameux Echelon. Paranoïa ?

“Carnivore” : petit nom bien sympathique du système de surveillance des mails du FBI qui n’est pas du tout du goût des organisations de défense de la vie privée. Ces dernières réclament la divulgation du code du logiciel à la curiosité qu’ils jugent mal placée. Mercredi 2 août, la justice américaine a abondé dans leur sens en sommant le FBI d’indiquer avant dix jours à quelle date ils entendent fournir des renseignements sur Carnivore. L’affaire avance donc.En Grande Bretagne, une nouvelle directive gouvernementale se range, elle, du côté des “écoutés”. En effet, cette mesure pousse les employeurs à communiquer à leurs employés où et quand ils les espionnent… Mais révéler de telles pratiques génère de nouvelles questions, et de plus ce n’est pas une loi, contrairement à la”Rip Bill”, votée en fin de semaine dernière et qui s’appliquera à l’automne.La Rip Bill autorise le gouvernement britannique à surveiller le réseau outre-Manche en installant des “boîtes noires” directement chez les fournisseurs d’accès, comme Carnivore. Une étude, menée par Ian Brown and Brian Gladman, indique que le système serait “techniquement inepte : inefficace contre les criminels alors qu’il met en péril la vie privée, la sécurité et la sûreté des honnêtes citoyens et des entreprises.” Qui croire ?Du côté de la Hollande, c’est un autre système qui a été révélé par le journal De Volkskrant. Là, on pense d’emblée à Echelon car les services de l’Intérieur scruteraient le réseau en recherchant des mots clés. Ils auraient ainsi intercepté des emails envoyés par un développeur de logiciels à une entreprise iranienne, la question étant de savoir si les agents des services de renseignement avaient une autorisation de la justice.Pour finir ce petit tour de la traque des emails, retournons au pays de l’oncle Sam. Les services de la poste ont déclaré qu’ils envisageaient de fournir à chaque citoyen une adresse email rattachée à une adresse postale. Le gouvernement utiliserait cette messagerie électronique pour transmettre des formulaires, type impôts, renouvellement d’une pièce d’identité ou autre. Les associations de défense du droit à la vie privée crient au scandale. Ceux qui se contentent du courrier postal rient doucement.


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