SEPA : l’essentiel des PME a passé le cap de la migration

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L’instauration du format SEPA pour les prélèvements et les virements en euro a été laborieuse en entreprise. Entre bénéfices (jonctions métiers entre DSI et trésoriers) et risques (fraude informatique).

Les entreprises françaises ont fait à une échéance importante dans le courant de l’été. Depuis le 1er août, tous les prélèvements et les virements en euro doivent dorénavant s’effectuer au format SEPA (Single Euro Payments Area).

La date-butoir pour passer à ce format avait été fixée au 1er février 2014 mais la Commission européenne avait finalement accordé un délai supplémentaire de six mois, rappelle le portail du ministère de l’Economie. Au niveau européen, 500 millions de consommateurs et 20 millions d’entreprises sont concernés.

Un enjeu stratégique qui concerne de nombreux maillons en entreprise (comptabilité, RH, juridique…) autour des systèmes de paiement et d’information en entreprise. Du coup, les DSI sont également fortement sollicités. C’est également une question de sécurité. Car des situation de fraude informatique ont été observés avec la migration, prévient la Fédération Bancaire Française (FBF).

Début août, le Comité national SEPA, établi sous la houlette du gouvernement, se félicitait de la conclusion “dans de bonnes conditions opérationnelles” de la migration française vers le virement et le prélèvement SEPA.

Principal avantage avancé : l’opportunité disposer pour vos achats et ventes d’instruments de paiement harmonisés, simplifiés et fiables au niveau européen. Mais on peut aussi évoquer la simplification du cash management en matière de trésorerie, de la relation avec les banques (coûts et prestations de services optimisés), des processus financiers (centralisation des back-offices, gestion plus large des flux de trésorerie…) ou des systèmes d’information (centralisation des moyens de paiement, amélioration de la communication bancaire avec des tierces parties).

Dans sa communication remontant à début août, le comité SEPA reconnaissait qu’il fallait continuer à accompagner la migration de leurs derniers clients retardataires, notamment des PME et TPE. Depuis l’échéance du 1er août 2014, leurs opérations présentées au format national peuvent être rejetées, conformément au règlement européen.

Plus tôt, une enquête européenne menée par Sage entre le 17 juin et le 1er juillet 2014 (1047 répondants) montrait qu’il y avait encore une certaine pédagogie à mener à propos de SEPA. Près de la moitié des entreprises ignoraient la date butoir de mise en application du SEPA et ne voyait pas l’intérêt d’une telle migration. Néanmoins, “l’essentiel des PME interrogées estiment être prêt pour le passage à cette nouvelle norme”, affirmait l’éditeur à cet époque.

Dans les grandes entreprises, il a fallu décloisonner des fonctions métiers. Dans Les Echos, Jean-Sébastien Corbeels, responsable des activités Moyen de paiement dans la SSII Steria, estime qu’avec SEPA, il a fallu que les trésoriers et les DSI “sortent de leurs tours d’ivoire respectives” pour travailler de concert et faire évoluer leur système de virement et de prélèvement électronique dans le respect de la nouvelle norme.

Une coopération à long terme débute puisque la norme SEPA va évoluer et les DSI devront mettre à jour les systèmes d’information.

SEPA : des fraudeurs ont sorti l’ingénierie sociale

Inévitablement, ces grandes manœuvres associées au paiement électronique ont attiré l’attention de fraudeurs. Mi-juillet, la Fédération Bancaire Française (FBF) et la Direction centrale de la Police Judiciaire ont diffusé une vidéo pour souligner la nécessaire vigilance associée aux opérations de virements, en particulier à l’international.

Au-delà du classique piège du spam nigérian par mail ou l’arnaque au président (“un fraudeur se fait passer pour le P-DG et demande qu’un collaborateur exécute un ordre de virement “), des escrocs ont “surfé” sur l’harmonisation SEPA en se faisant passer par exemple pour un responsable informatique de la banque s’adressant à une entreprise cliente.

Comment l’arnaque se produit ? En exploitant les techniques de l’ingénierie sociale. Le pseudo responsable informatique demande à un collaborateur de l’entreprise de se connecter à ce qui présenté comme un site de tests. Ce qui lui permet de prendre les commandes à distance de l’ordinateur de sa victime et d’effectuer un virement à son profit.

Selon le le commissaire divisionnaire Jean-Marc Souvira qui dirige l’Office central de la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), “250 millions d’euros ont quitté les caisses d’entreprises françaises vers des structures criminelles.” La police a enclenché plusieurs centaines de procédures judiciaires pour lutter contre ce phénomène jugé préoccupant.

Etendre la portée géographique du SEPA au-delà de l’Europe : cap vers l’Afrique ?
L’espace SEPA comprend les 28 États membres de l’Union européenne, les quatre États membre de l’Association européenne de libre échange (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse), la principauté de Monaco et la république de Saint-Marin. Au-delà de l’Hexagone, les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique,Guyane, Réunion et Mayotte), de même que les territoires de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et la partie française de Saint-Martin, font partie de l’espace SEPA. Lors d’une table ronde organisée le 23 juin, Sage avait réuni un comité d’experts, dont Serge Kouamelan (membre siégeant au conseil des Associations de Banques de l’UEMOA) pour évoquer la possibilité d’étendre le modèle européen SEPA à l’Afrique de l’Ouest. Sachant que 82% des entreprises africaines ont des liens de commerce avec le continent européen.

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(Crédit photo : Shutterstock.com –  Droit d’auteur : mekCar)


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