Série noire dans l’espace des télécoms

Régulations

Des crashes à répétition retardent la mise en place des communications mobiles par satellites.

La mise sur orbite n’est pas une science exacte. Les grandes sociétés qui s’emploient à expédier des satellites de télécommunication dans l’espace viennent de l’apprendre à leurs dépens. En moins d’un mois, quatre fusées ont explosé avec les satellites qu’elles transportaient. La semaine dernière, une fusée qui emmenait 12 satellites du projet Globalstar est partie en fumée pour environ 80 millions de dollars (480 millions de francs). Construite en Ukraine, la fusée Zenith 2 s’est écrasée quelques minutes seulement après son lancement du cosmodrome de Baïkonour dans le Kazakhstan. C’est un bug informatique qui serait à l’origine de la catastrophe. Le projet Globalstar vise à mettre en place des services de téléphonie sans fil grâce à une constellation de 48 satellites. Il a dû repousser l’ouverture commerciale de ses services d’environ 4 mois, à la fin de 1999.

Plus sérieux encore, le sort de la fusée Delta III construite par Boeing qui est partie en fumée le 27 août dernier pour un montant de 225 millions de dollars. Elle transportait le satellite de télécommunication Galaxy destiné à alimenter des chaînes télés et des infrastructures réseaux des Etats-Unis et des Caraïbes. La société a indiqué qu’elle n’avait aucune idée de ce qui avait pu se passer. Le géant de l’aérospatial avait subi la même mésaventure en janvier 1997 quand une fusée Delta III avait explosé 13 secondes seulement après son lancement. Quelques semaines plus tôt, une fusée Lockheed Martin transportant un satellite espion s’était autodétruite à son décollage de Cap Canaveral. Avec de telles statistiques, Bill Gates qui compte mettre en place 840 satellites en orbite devra peut-être revoir son calendrier.


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