SFR a audité le réseau de Free Mobile

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SFR a fait parvenir à l’ARCEP ses conclusions après avoir effectué 3 000 mesures du fonctionnement des antennes de Free Mobile. Conclusion : Free Mobile ne couvrirait pas les 27% de la population française, contrevenant ainsi à ses obligations légales.

La guerre contre Free Mobile continue. Notamment autour de la polémique sur le fonctionnement effectif du réseau d’antennes du nouvel entrant.

Selon Libération, SFR a effectué ses propres mesures à Paris et dans l’ouest de la France (Caen, Nantes…), région présentée comme bien couverte par Xavier Niel, selon l’opérateur des Neufbox.

SFR aurait effectué pas moins de 3000 mesures, sous contrôle d’huissier, du fonctionnement des antennes de Free selon les protocoles habituels pour vérifier les obligations de couverture des opérateurs, rapporte Silicon.fr.

À savoir tentatives d’appel pour vérifier que le réseau est bien « vu » par les téléphones équipés d’une puce Free, mais aussi vérification de la finalisation des appels et mesures de qualité du réseau.

Polémique sur le réseau depuis son ouverture

C’est le résultat de ces mesures que SFR aurait envoyé, jeudi 2 février, à l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) selon le quotidien national.

Relevés selon lesquels Free Mobile serait loin de couvrir les 27 % de la population comme l’exigent ses obligations légales à l’ouverture de son service commercial.

Si c’est le cas, le nouvel opérateur risque de se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis d’Orange (et du régulateur) qui lui « prête » son réseau national dans le cadre des accords d’itinérance signés précédemment entre les deux acteurs.

Ce défaut de service des antennes de Free Mobile fait l’objet de polémiques depuis le lancement de l’offre, le 10 janvier dernier. Les trois opérateurs soupçonnent Free de s’appuyer sur le réseau d’Orange pour traiter son trafic mobile dans l’attente de disposer d’une base d’abonnés suffisamment importante pour rentabiliser son infrastructure.

Abonnés essentiellement recrutés chez les concurrents grâce à des offres très agressives (moins de 20 euros l’illimité voix / 3 Go de données, 2 euros les 60 minutes / 60 SMS). Mais à l’exception de SFR, aucun opérateur n’a directement saisi l’Autorité. Leurs syndicats s’en sont cependant chargés.

Nouvelles mesures, mais quelle méthode ?

Après une première saisie du régulateur, le 24 janvier, lui demandant d’effectuer une nouvelle mesure du réseau de Free, les organisations syndicales CFE-CGC & UNSA Télécoms d’Orange, SFR et Bouygues Telecom ont réécrit au président de l’ARCEP, Jean-Ludovic Silicani, le 2 février.

Un courrier laissant entendre qu’ils sont en possession « d’éléments convergents » sur la vraie nature du réseau de Free Mobile. Les mêmes que ceux de SFR ?

Le régulateur, qui avait précédemment validé l’infrastructure de Free en décembre, comptait néanmoins effectuer une nouvelle mesure du nouveau réseau mobile. Sauf que les syndicats en contestent la méthodologie et laissent entendre que le régulateur se fait flouer par Free.

L’Autorité pourra néanmoins comparer les résultats du réseau mobile d’Iliad avec ceux de ses concurrents puisque la nouvelle campagne de mesure concernera cette fois tous les opérateurs.


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