SFR : une vision financière qui demeure raide

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Sur le premier semestre 2016, d’importants voyants rouges se sont allumés dans les comptes de SFR sur fond de restructuration et de pertes de clients.

On peut résumer la situation de SFR en trois points : la restructuration en interne se poursuit, l’opérateur a toujours du mal à garder ses clients et la situation financière se dégrade globalement.

Sur le premier semestre 2016, le groupe télécoms affiche un chiffre d’affaires de 5,29 milliards d’euros, en baisse de 4,1% par rapport à la même période l’an passé. L’Ebitda recule également de 7,6% à 1,84 milliards d’euros. Tandis que le résultat net tourne en perte : de +828 millions d’euros au premier semestre 2015, on bascule à – 84 millions d’euros sur le premier semestre 2016.

Il faut impérativement remonter la pente : en effectuant un focus sur le deuxième trimestre, le CA global est en recul de 4,3% (2,78 milliards d’euros). Tous les segments sont plus ou moins impactés selon Silicon.fr : – 5,2% pour le grand public (pour 1,8 milliard de chiffre d’affaires), – 4,5% sur l’activité Entreprise (509 millions) et – 1,2% sur les services opérateurs (333 millions).

Le groupe télécoms parvient néanmoins à trouver des éléments de satisfaction : augmentation des abonnés THD (44 000 recrutements nets en T2), un churn client en recul même si la tendance demeure perceptible (perte nette de 199 000 clients au T2 2016, contre 314 000 au T2 2015), et des « premiers retours sur divers investissements » entre les télécoms et les contenus : réseaux, contenus avec le nouveau pôle média News SFR regroupant les ressources de NextRadioTV (BFM, RMC…) et Altice Media Group (L’Express, Libération…) et « l’amélioration du service à la clientèle » (renforcement de la relation client digitale).

Le niveau d’endettement demeure périlleux : 15,12 milliards d’euros. En hausse 673 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année, reflétant « l’acquisition de la participation dans NextRadioTV et Altice Media Group France, ainsi que les coûts exceptionnels de l’opération de refinancement du mois d’avril ».

A fin juin, SFR revendique 16,64 millions de comptes mobiles (14,6 millions clients côté grand public et plus de 2 millions côté entreprises). En revanche, sur le front de l’ARPU (revenu moyen par abonné), l’opérateur souffle un peu : légère hausse côté mobile (22,3 euros par client en T2, contre 21,8 en T1) et augmentation plus perceptible dans le fixe (35,6 euros dans le fixe pour le T2 contre 33,9 euros pour le T1).

En termes de déploiement du réseau très haut débit (déploiement FTTH ou fibre avec terminaison co-axiale), le duo Numericable-SFR est en mesure d’aligner 8,5 millions de prises éligibles. Dans le fixe grand public (DSL+THD), SFR revendique 6,2 millions de clients, dont 1,92 million dans la « fibre ».

Pour l’élargissement du réseau 4G, SFR est désormais en mesure de couvrir 70% de la population.

Pour gérer le souci de « sureffectifs » pointés du doigt par Patrick Drahi (dirigeant du groupe Altice, qui chapeaute SFR), deux syndicats majeurs ont accepté de signer un accord avec la direction du groupe télécoms pour favoriser les départs volontaires en masse d’ici mi-2019. Et ce, afin de réduire d’un tiers l’effectif global.


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