Simplon.co : la « fabrique solidaire de codeurs » lève des fonds pour relancer la machine

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Sa trésorerie renflouée par un apport de 4,75 millions d’euros, Simplon.co affirme son intention de développer un modèle moins dépendant du mécénat et des subventions.

Que ce soit au travers d’actions de formation prises en charge par Pôle emploi, les OCPA et les Régions, un réseau de porteurs de projets « franchisés », du sponsoring d’entreprises ou la production de sites Web et d’applications mobiles, Simplon.co l’assure : « C’est bien son modèle économique original qui tire [son] développement […] et son impact social ».

Positionnée dans l’économie sociale et solidaire avec un réseau d’écoles – les « fabriques » – proposant des formations gratuites aux métiers techniques du numérique orientées sur les publics fragilisés et éloignés de l’emploi ainsi que les territoires défavorisés ou en difficulté, la SAS francilienne veut réaffirmer qu’elle ne dépend pas uniquement des subventions.

Elle reconnaît toutefois que les financements de type mécénat restent « importants dans les produits d’exploitation ». Tant et si bien qu’il a fallu boucler une levée de fonds pour sauver la trésorerie : 4,75 millions d’euros avec la Caisse des dépôts et un pool d’investisseurs.

Cet apport permettra d’effacer la dette de 500 000 euros qui s’est accumulée depuis le début de l’aventure il y a près de quatre ans.

Ceci n’est pas l’école 42

Des quatre cofondateurs (trois étudiants et un intervenant du Celsa Paris-Sorbonne), deux sont encore dans la boucle à des fonctions exécutives : Frédéric Barbeau et Erwan Kezzar. Andrei Vladescu-Olt et Victor Defontaine ont pour leur part quitté la société entre fin 2014 et début 2015.

Agréée ESUS (Entreprise sociale d’utilité solidaire) par l’État pour ses engagements en termes de lucrativité limitée, de gouvernance participative ou encore d’encadrement de l’échelle des salaires, Simplon.co est née dans le sillage d’initiatives telles que la Web@cadémie, R2K et Cefim.

Elle dit toutefois, dans son « anti-FAQ », être « la seule formation de développeur.se qui soit à la fois véritablement ouverte à tous (sans distinction d’âge, de niveau scolaire et d’origine territoriale) et gratuite ».

Son réseau d’une trentaine d’établissements – dont une dizaine gérés en propre – donne effectivement la priorité aux populations sous-représentées dans le numérique : femmes (qui représentent un tiers des effectifs d’apprenants), seniors, personnes en situation de handicap, demandeurs d’emploi de longue durée, profils résidant en milieux ruraux (Ardèche, Lozère, Meuse, Indre…), etc. Le recrutement s’effectue essentiellement sur la motivation.

Assainir les bases

Pour l’heure axées principalement sur le développement Web et mobile, les formations qualifiantes ou certifiantes vont être diversifiées pour toucher, entre autres, aux problématiques de la data, du e-commerce et de la cybersécurité. Une démarche qui doit concourir à un objectif : d’ici deux ans, réaliser 70 % du produit d’exploitation sur du chiffre d’affaires.

2016 a été le premier exercice bénéficiaire, selon Les Échos, à qui Frédéric Barbeau, président de Simplon.co, évoque une levée de fonds salutaire : « On n’était pas loin de ne plus pouvoir payer les salaires [des 76 employés] ».

La dette accumulée s’est effectivement accumulée au gré des implantations, dont quatre se sont faites à l’étranger (Roumanie, Côte d’Ivoire, Liban, Afrique du Sud).

Le bilan ? En quatre ans, 620 personnes formées, pour 83 % de « sorties positives à 6 mois » (61 % d’emplois, 16 % de poursuite d’études ou de stages et 23 % de freelances, autoentrepreneurs ou créateurs d’entreprises).

En comptant les 399 personnes en cours de formation, 78 % des « élèves » sont entrés en tant que demandeurs d’emploi. 62 % avaient au mieux le bac.


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