Smart cities : Google lance son laboratoire à Toronto

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Le premier projet d’envergure de Google dans les smart cities doit démarrer cet été à Toronto. Au programme, des expérimentations sur la conduite autonome, les bâtiments, la participation citoyenne et de la gestion énergétique.

Google et les smart cities, décollage en 2020 ? Dan Doctoroff, CEO de Sidewalk Labs, qui porte les travaux du groupe dans le domaine, a fixé cette échéance pour mettre en route son premier projet d’envergure.

Elle compte enclencher, cet été, une première série d’expérimentations dans son « grand laboratoire » baptisé Quayside.

Cet espace d’un peu moins de 5 hectares borde la zone portuaire de Toronto, à proximité du quartier d’affaires. Il se situe à l’extrême nord-ouest d’une friche industrielle de 325 ha objet d’un projet de réhabilitation.

Sous le blason de l’agence Waterfront Toronto, la municipalité, la province de l’Ontario et le gouvernement canadien avaient lancé un appel d’offres en mars 2017.

La proposition de Sidewalk Labs avait été retenue au mois d’octobre. Les technologies de conduite autonome en sont l’un des grands axes aux côtés des bâtiments « évolutifs », de la participation citoyenne et de la gestion énergétique.

Une coentreprise Sidewalk Toronto a été créée pour l’occasion. Elle espère que Quayside pourra accueillir ses premiers résidents à l’horizon 2022, créant « jusqu’à 5 500 emplois ».

Sidewalk Labs a débloqué une enveloppe initiale de 50 millions de dollars qui accompagnera notamment la relocalisation, sur place, du siège social canadien de Google.

Ces fonds facilitent par ailleurs la constitution d’un écosystème de partenaires emmené par des start-up telles que Coord, qui travaille sur la « digitalisation » des infrastructures de transport.

Les multiples capteurs qu’il est prévu d’exploiter dans ce cadre – notamment pour réguler le trafic – ont soulevé des inquiétudes en matière d’exploitation massive de données.

Sidewalk Labs assure que ne seront conservées que les informations « essentielles pour améliorer la qualité de vie ». La firme s’est attaché, sur les enjeux de vie privée, les conseils d’Ann Cavoukian, directrice exécutive du Privacy and Big Data Institute à l’université Ryerson.

L’équipe impliquée sur le projet compte de nombreux anciens de Google. Son principal dirigeant Daniel Doctoroff, précédemment P-DG de Bloomberg, avait auparavant été adjoint au maire de New York pour le développement économique.

L’intéressé a ouvert, en début d’année, un fil de discussion sur reddit. Il n’a pas apporté de réponse à certaines questions d’internautes. Par exemple sur la gestion de la propriété intellectuelle et le modèle économique. Il est possible que les services expérimentés soient, à terme, vendus à d’autres villes.

Crédit illustrations : Waterfront Toronto


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