Solutions vidéo : Kewego scinde son offre en deux pour coller au marché

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Après avoir effectué une percée parmi les médias, la jeune pousse veut élargir sa cible aux entreprises et collectivités.

C’est une certitude chez Kewego : l’Internet sera un média massivement audiovisuel dans les cinq années à venir. Après s’être intéressée à l’univers de l’adaptation “YouTubesque” des médias traditionnels à l’ère numérique avec 50 références affichées du monde des portails, de l’audiovisuel et de la presse, la société française, co-fondée en 2003 par les Net-entrepreneurs Michel Meyer et Olivier Heckmann (deux anciens de Multimania, l’hébergeur de pages persos à la fin des années 90), veulent approfondir les prestations vidéo à la disposition des entreprises mais aussi des collectivités.

Jusqu’ici, elle s’est développée en proposant une offre unique : la commercialisation en marque blanche de leur plate-forme de stockage, de diffusion et de partage de vidéos (avec une référence historique comme M6 qui a lancé Wideo.fr). Le déséquilibre est flagrant : 90% du portefeuille clients de Kewego est orienté médias (portails, diffuseurs audiovisuels et groupe de presse).

Dans ce prolongement, Kewego a constitué un pôle d’activité en charge de développer le stratégie vidéo en ligne pour des entreprises de divers horizons : automobile (comme Peugeot, Renault, Volkswagen…), énergie (Areva) ou immobilier (Kaufman & Broad).

En parallèle, la société propose également des services d’affichages dynamiques sur point de vente ou d’animation. Elle recense 300 clients actifs entre la France et la Suisse (dont Club Med Gym, Snecma ou Truffaut).

Un volet webcast enrichi

Pour se rapprocher des besoins BtoB de ses clients, Kewego a donc décidé de scinder son offre en deux avec une partie Webcast et une autre orientée Portal.

La première partie est la plus novatrice avec un player amélioré afin d’accepter des formats de diffusion (FLV/Flash ou MP4), “HD Ready” et une option de download progressif (permettant de pousser le curseur de lecture plus loin en vue d’une consultation d’un passage encore non streamé). Le tout associé à une console de gestion et de pilotage.

Prochainement, Kewego compte proposer une application d’interface de programmation (API) destinée aux développeurs qui pourront s’emparer des technologies développées par Kewego pour monter leurs propres outils. Un site Web dédié sera ouvert.

Une approche API qui pourrait intéresser les agences Web cherchant des solutions à mettre en avant auprès de leurs propres portefeuilles de clients souhaitant s’investir dans la vidéo en ligne. Limite de l’ouverture : “Une exploitation commerciale de nos API par une web agency nécessiterait un accord commercial”, souligne Olivier Heckmann, Vice-président de Kewego.

Périmètre concurrentiel difficile à cerner

La deuxième partie de l’offre – portant sur la gestion de portail de vidéo à la demande – est le versant le plus connu dans l’univers des médias : une console de gestion, un player, un portail vidéo, des fonctions communautaires et un volet référemencement moteur (search engine optimization ou SEO).

“Je ne vois pas de solutions vidéo aussi puissantes que la nôtre en Europe”, assure Olivier Heckmann. Pourtant, les prestataires ne manquent pas : en France, nous trouvons d’autres acteurs comme Vpod ou Brainsonic (qui poussent jusqu’à la production).

Plus corporate, le positionnement de Kewego devrait interpeller un groupe comme Thomson. Aux Etats-Unis, l’évolution de Brightcom ou Maven Networks (récemment racheté par Yahoo) est suivi avec intérêt.

Kewego souffle sur ses cinq bougies sous le signe du développement
La société, co-fondée en 2003 par Michel Meyer et Olivier Heckmann, dispose de bureaux dans quatre pays (Royaume-Uni, Allemagne, Norvège et Espagne) avec des relais commerciaux sur le continent américain. Son effectif, qui s’élève à 70 personnes, est composé à part égale de techniciens et de commerciaux. Après deux levées de fonds pour un total de millions d’euros associant les fonds d’investissement Banexi Ventures Partners et CDC Entreprises, Kewego n’est pas encore rentable. “Nous restons dans une logique d’investissement et de développement”, précise Olivier Heckmann. La société assure disposer d’un gros portefeuille Webcast d’Europe avec 150 sites pour “80 clients actifs” déployés dans dix pays en vingt langues. La société, qui dispose de sa propre infrastructure d’hébergement, stocke 250 000 vidéos (dont 30% professionnels).

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