Standardisation des services Web : le WS-I reprend le flambeau

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Au fil des semaines, un constat s’impose : le processus de standardisation des services Web cafouille. Notamment parce que Microsoft et IBM boudent les organismes officiels, le W3C et l’OASIS. C’est à un autre consortium, le WS-I, créé par IBM et Microsoft, qu’il revient désormais de poursuivre la tâche.

L’admission de Sun Microsystems au conseil de direction du WS-I (Web Services Interoperability Organization), l’organisme chargé de définir les règles d’implémentation des standards des services Web pour en garantir l’interopérabilité, a, en général, été interprétée comme un signe d’apaisement des tensions entre éditeurs à propos de la définition des prochains standards. Il est vrai que le WS-I avait clairement été initié en février 2002 par IBM et Microsoft afin de marginaliser Sun sur ces questions. En ce sens, l’admission de ce dernier est effectivement un indice favorable. Cela dit, l’impact sur l’élaboration des prochains standards devrait, en principe, être limité car celle-ci relève des instances de standardisation que sont le W3C et/ou l’OASIS (Organization for the advancement of structured information standard), consortium international placé sous l’égide de l’ONU, et non du WS-I.

Un test importantMais voilà que le WS-I vient de créer un groupe de travail consacré à l’élaboration d’une spécification relative à la sécurisation des services Web. Le WS-I étend donc son champ d’intervention et vient “concurrencer” les instances officielles. Sa force par rapport au W3C et à l’OASIS est que, de fait, il rassemble les principaux acteurs de l’industrie informatique, contrairement aux deux autres. IBM et Microsoft boudent officiellement les travaux menés par le W3C au sujet de l’orchestration des services Web, lesquels ont donc toutes les chances de rester lettre morte. Même désaffection vis-à-vis de l’OASIS. Ce dernier s’est ainsi récemment penché sur un candidat à la standardisation, WS-Reliability, proposé par Sun, Oracle et quelques autres. Or IBM, qui a sa propre spécification, HTTPR, ne participe pas au comité technique. Autant dire que l’avenir de WS-Reliability est lui aussi compromis. En somme, par la volonté de Microsoft et d’IBM, l’avenir des services Web est désormais dans les mains du WS-I. L’issue des travaux sur la sécurité est donc un test important. Si les membres du WS-I réussissent à s’entendre dans des délais rapides, l’espoir est réel de voir émerger une panoplie de standards unanimement acceptés par l’industrie.


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