La « startup studio » eFounders lève six millions auprès Oleg Tscheltzoff (Fotolia)

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Doté d’un modèle de soutien actif aux start-up incubées (proche de Rocket Internet), eFounders renforce ses assises financières auprès d’un « super business angel ».

Fondé sur un modèle original, la « startup studio » eFounders vient de boucler une levée de fonds de 6 millions d’euros auprès d’Oleg Tscheltzoff, co-fondateur de Fotolia (banque d’images vendue à Adobe) et business angel actif sur le marché français.

Cette consolidation des assises financières va permettre à la structure parisienne de conception et d’accompagnement personnalisé de start-up jusqu’à son indépendance de poursuivre son développement. Alors que son approche business est désormais validé.

La jonction avec Oleg Tscheltzoff s’est faîte de manière naturelle avec l’équipe fondatrice d’eFounders. En tant que co-créateur de Fotolia, Thibaud Elzière a travaillé pendant des années à ses côtés. Et Quentin Nickmans, ex- consultant du Boston Consulting Groupn, avait rencontré le « super business angel » dès 2011.

La structure eFounders se démarque des accélérateurs et des incubateurs qui poussent à Paris. Son modèle économique est atypique pour accompagner les projets start-up.

Phase 1 : les idées émergent en interne et les concepts sont validés.

Phase 2 : le projet passe dans les mains d’un manager au profil business et d’un manager au profil technique qui sont recrutés dans ce sens. A charge pour eux de constituer le socle de la start-up. Dès ce stade, un système d’intéressement est mis en place  : 50% du capital est confié au duo de management tandis qu’eFounders conservent l’autre part.

Phase 3 : après une période de développement sous la houlette d’eFounders qui permet de monter en business (une période de 15-18 mois au cours de laquelle un million d’euros est injecté), la start-up obtient son indépendance pour voler de ses propres ailes et trouver des relais de financements extérieurs.

En règle générale, des fonds de capital-risque prennent le relais mais on pourrait très bien imaginer une intégration industrielle (rachat de la start-up par un groupe Internet). Le Graal étant l’introduction en Bourse de la start-up incubée mais ce cas de figure n’est pas encore arrivé.

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Thibaud Elzière, co-fondateur eFounders

« On est vraiment en mode co-fondateur. On est totalement impliqué dans le projet », déclare Thibaud Elzière, contacté par ITespresso.fr hier après-midi. « Nous ne faisons de l’argent que lorsque que l’on vend des parts dans la boîte. »

Progressivement, eFounders lâche donc la main sur le capital de ses « bébés start-up ». Dans un cycle théorique de désengagement, le niveau de participation redescend dans une fourchette située entre 10 et 15% du capital au bout de sept ans.

Des ressources humaines et techniques propres à eFounders sont mutualisées pour accélérer les projets start-up.

« Sur la forme, eFounders ressemble à Rocket Internet à une différence près : eFounders n’a pas vocation à rester très longtemps impliqué dans le capital de la start-up », précise Thibaud Elzière.

Au final, le concept repose sur trois piliers, résume notre interlocuteur: « idée de création en interne », « notion de répétition » (multiplication des projets start-up) et « notion d’assets et de bases de connaissances partagés ».

Quel est le bilan d’étape d’eFounders, dont la genèse remonte à 2010 ? Son « startup studio » baptisé 37Studio avait été inauguré en janvier 2014 en plein Silicon Sentier (un déménagement de proximité pour un espace plus grand est prévu d’ici la fin de l’année).

5 start-up sont désormais indépendantes : Mailjet (e-mailing), TextMaster (traduction, rédaction et correction de contenu web.), Mention (e-réputation), Front (messagerie collaborative) et Aircall (un service de call center « light » qui vient d’effectuer une levée de fonds).

Une a été rachetée : PressKing (plateforme de relation presse pour start-up et PME) est tombée en mars dernier dans le giron d’ePressPack.

Deux autres start-up seront lancées dans les prochains mois : Illustrio (plateforme d’illustrations à personnaliser) et Tipi (avec ce pitch : « Office management made painless »).

Quatre supplémentaires devraient éclore d’ici fin 2016.

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L’équipe d’eFounders

 


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