Stéphane Richard (Orange) : “On peut faire moins cher, mais c’est souvent moins bien”

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Stéphane Richard décrète le non-alignement vis-à-vis des offres de Free Mobile. Dans un entretien au JDD, le P-DG d’Orange évoque une “désinformation” nuisible à l’équilibre du marché télécoms français.

Orange digère mal l’offensive de Free Mobile.

Stéphane Richard, P-DG de France Telecom – Orange, entérine son non-alignement tarifaire vis-à-vis des offres du nouvel entrant dans la téléphonie mobile et déplore une “désinformation” prétendument nuisible à l’équilibre du marché des télécoms.

Personne ne sort gagnant de ce show indigne [la présentation des offres Free Mobile par Xavier Niel le 10 janvier 2011, ndlr]“, déclare-t-il.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le patron d’Orange considère qu’il a généré des tensions dans les boutiques de l’opérateur (“une vague de comportements agressifs et d’incivilités”).

Orange – France Telecom évoque une irruption malvenue au sein d’un écosystème ultra-concurrentiel “qui a permis de créer des emplois [4000 personnes en 2011, selon le JDD] et de baisser les prix“.

A contrario, Xavier Niel s’est attaché à marteler la nécessité de dynamiter la téléphonie mobile en France, “l’une des plus onéreuses d’Europe“.

Un tel stratagème a engendré un recrutement subi, grandement motivé par une formule “tout illimité” (débit réduit au-delà 3 Go de données) proposée à 19,99 euros par mois (15,99 euros pour les abonnés Freebox).

Aussi, il se murmure que Free Mobile tutoie, deux semaines après son lancement, le seuil du million d’abonnés.

Bouygues Telecom reconnaît d’ailleurs la défection de quelque 25000 de ses souscripteurs aux offres B&You.

En parallèle, de nombreux opérateurs mobiles virtuels (MVNO) comme Zéro Forfait, Virgin Mobile ou Auchan Mobile ont procédé à de sensibles ajustements tarifaires.

Pour autant, Stéphane Richard estime qu’une telle générosité vis-à-vis des mobinautes à des limites.

On peut toujours faire moins cher, mais c’est souvent moins bien“, affirme le dirigeant.

Et d’ajouter à ce propos : “Le vrai risque serait que tous les opérateurs deviennent low cost, ce qui veut dire moins d’investissements, moins de services, moins d’emplois.

Rappelons qu’Orange – France Telecom a modifié les tarifs de Sosh, son offre de téléphonie mobile à bas coût pour les jeunes connectés, pour se rapprocher des conditions Free Mobile.

Stéphane Richard se projette vers ce qu’il entérine comme un palier déterminant : la 4G.

Orange, qui compte plus de 26 millions de clients mobiles fera, a déboursé 891 millions d’euros pour obtenir 10 MHz de fréquences (dans les bandes 2,6 GHz et 800 MHz).

“Il s’agit du bloc de meilleure qualité”, considérait  Les Echos fin décembre.

Orange veut être le premier opérateur à se lancer dans la 4G à l’horizon fin 2012 -début 2013.

Free Mobile compte également s’y lancer dans la même période.


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