Steve Jobs vu par les anciens d’Apple

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MacHack, la réunion de développeurs à Dearborn dans le Michigan, a été l’occasion pour les “anciens” d’Apple de donner leur sentiment sur la voie empruntée par la firme et de raconter quelques-uns de leurs souvenirs et de leurs sentiments concernant Steve Jobs. Croquis réalisés par les premiers apôtres de la Pomme.

Une des réussites de la “réunion informelle” de développeurs à MacHack cette année, aura été d’entourer la fine fleur du codage numérique par des vieux de la vieille en informatique, les compagnons du lancement du Macintosh au début des années 80. C’est Steve “Woz” Wozniak, cofondateur d’Apple, qui a donné le ton en rappelant sournoisement : “Il y a deux monopoles informatiques : Microsoft et Apple.” Pour ces premiers apôtres de la Pomme, de Wozniak à Andy Hertzfeld ou Jef Raskin, aucun doute n’est possible : c’est grâce à la volonté de Jobs, à sa persévérance et à sa passion que le Macintosh fut créé et sauva Apple. Toutefois, l’ensemble des intervenants était d’accord sur un point : Steve Jobs veut le contrôle. Les propos de l’ingénieux ingénieur Woz rapportés par MacCentral sont éloquents : “Jobs a lu dans un bouquin qu’il y a des gens spéciaux dans le monde qui font tout, et il y a ceux qui ne font rien du tout. Jobs voulait être l’un de ceux qui font tout.”

Steve Wozniak continue à recevoir un chèque d’Apple ainsi que les tout derniers modèles de Mac. Il garde toujours l’oreille du patron d’Apple, mais beaucoup plus comme un utilisateur de Mac que d’une autre manière. Cela lui permet entre autres choses de relever des bogues. Confondant de simplicité, Woz souligne sa volonté de ne pas se mêler d’histoires de gros sous. “Je ne suis pas un businessman”, lâche-t-il. Et de préférer être considéré comme un excellent ingénieur. Mais de Steve Jobs, il dépeint une autre tendance : “Jobs voulait le pouvoir, et il a quitté Apple pour l’avoir.” L’actuel patron d’Apple, qui a revendu sa seconde société d’informatique, NeXT, à Apple pour 400 millions de dollars (environ 3 milliards de francs) en 1996, a confié à Wozniak : “Apple n’aurait pas dû payer aussi cher.” Mais Wozniak d’ajouter dans la foulée qu’il comprenait qu’ainsi Jobs disposait d’un droit de représentation des porteurs de titres.

Steve Jobs et le besoin de pouvoir

Le style du dirigeant Jobs n’a pas manqué d’être relevé également par Andy Denman : son côté sulfureux notamment. Avec une contrepartie intéressante : Jobs secoue ses employés, les critiquant le plus souvent en disant que ce qu’ils avaient fait était “nul”. Mais que l’employé faisant l’objet de ces assauts verbaux y résiste et explique les motivations de sa façon de faire et il emporte souvent la manche ou améliore son travail sous le feu de la critique. Les anciens d’Apple ont également souligné les qualités de Jobs, dont la passion de l’excellence, la fermeté, la recherche d’autre chose de plus gratifiant que l’argent, le sens exceptionnel du design, les capacités de rapidité et de marketing. Le revers de la médaille porte sur son incapacité à partager le pouvoir, son besoin d’être le centre du monde, son penchant pour l’excès et son manque de tact. Enfin, ce rappel des premiers temps de la firme montre un Jobs écarté peu à peu du pouvoir au sein d’Apple et s’engageant corps et âme dans le projet Macintosh. Pour les anciens membres de l’équipe, la passion de l’excellence et la direction prise par Steve Jobs sont ce qui ont amené le Mac sur le marché.

Hormis Andy Grove ou Larry Ellison, ni le secteur informatique ni les anciens cadres d’Apple n’ont jamais vraiment remercié Jobs et son équipe du bond en avant qu’ils avaient fait réaliser au monde ce jour de 1984. Il faut dire que le discours d’introduction du premier Mac allait marquer les esprits et orienter définitivement la confrontation entre Mac et PC. Rappelons-nous des paroles du Jobs d’alors : “1984, c’est maintenant. Il semble qu’IBM veuille régner sans partage. IBM veut tout et oriente ses armes sur son dernier obstacle au contrôle de l’industrie : Apple. Est-ce que Big Blue dominera l’industrie informatique entière, l’âge de l’information ? Est-ce que Georges Orwell avait raison pour 1984 ?”


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