Stockage : en route vers l’holographie…

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Lucent, Imation et trois sociétés de capital-risque viennent de fonder la société InPhase qui poursuit les recherches lancées par les laboratoires Bell (département recherche de Lucent) dans le domaine du stockage holographique. Sur le principe du regroupement des données en 3D, celui-ci dépassera de très loin les capacités de stockage actuelles. Mais aucune date n’est annoncée pour les premiers produits.

Après près de deux ans de collaboration (voir édition du 12 août 1999), Lucent Technologie et la société de solution de stockage Imation concrétisent leurs recherches dans le stockage holographique en créant InPhase Technology. Implantée à Longmont au Colorado, InPhase a pour objectif le développement et la commercialisation des produits HDS (Holographic Data Storage). Aucune date, et encore moins de tarifs, n’ont été précisés. Dirigée par Nelson Diaz, ancien vice-président de StorageTek, InPhase a reçu l’appui financier de Signal Lake, Madison Dearborn Partners et Newton Technology Partners.

37,5 Go sur un cube de 2,54 cm de côté

Sur le papier, la technologie holographique est prometteuse. Contrairement à la technologie magnétique (ou magnéto-optique) qui stocke les données sur une surface en deux dimensions, HDS utilise toute la profondeur du support (une structure solide de photopolymères) multipliant ainsi la quantité de données pour un même volume. Les données sont inscrites dans une matrice translucide en trois dimensions qui permet d’écrire un million de bits simultanément. La lecture s’effectue par un laser, ce qui accélère considérablement l’accès aux données et leurs transfert. Selon Kevin Curtis, directeur technique d’InPhase, le HDS permettra de stocker jusqu’à 300 gigabits (37,5 Go) sur un cube de 2,54 cm de côté avec des taux de transfert pouvant atteindre plusieurs dizaines de Mo/s. Soit plus de deux fois plus que les 17 Go des futurs DVD-Rom (double face, double couche) selon le cahier des charges du DVD Forum. Au delà du stockage traditionnel, le HDS pourrait être exploité dans les domaines de la vidéo, d’Internet et des jeux dont il améliore les performances en terme de transferts.

InPhase n’est pas la seule entreprise à s’investir dans la technologie holographique. En partenariat avec le Rockwell Science Center et l’université de Stanford, IBM s’investit dans ce domaine depuis le milieu des années 90. Big Blue aurait réussi à stocker 250 gigabits sur un support d’un pouce carré pour un taux de transfert de 10 Gbit/s, soit des résultats très proches de ceux d’InPhase. Fondée par Demetric Psaltis, professeur à l’Institut de technologie de Californie, Holoplex Technologies s’est également lancée dans l’aventure du stockage holographique. Si InPhase, comme IBM, se garde bien d’annoncer une date de commercialisation, il semble que les premiers produits n’autoriseront qu’une seule écriture. Comme les CD-R il n’y pas si longtemps. Souhaitons au HDS le même succès.

Pour en savoir plus :

* Le site de Lucent (en anglais)

* Le site d’Imation (en anglais)

* Le site d’InPhase (en anglais)


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