Stockage : IBM met le paquet…de données

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La firme IT n’a pas lésiné sur les moyens pour redonner de la vigueur à sa stratégie dans le domaine du stockage.

Plus de 2.500 personnes en recherche et développement sur trois ans, deux milliards de dollars d’investissement et vingt-quatre mois d’acquisitions d’entreprises-clés….Tout cette énergie pour renouveler de fond en comble la stratégie d’offres de stockage de données d’IBM.

Simultanément de France (Montpellier), des Etats-Unis et du Japon, IBM a annoncé le 8 septembre “une grande initiative pour maîtriser la croissance exponentielle du nombre de données dans le monde”.

Le constructeur justifie l’ampleur de sa stratégie, en s’appuyant sur les chiffres hallucinants, qui caractérisent l’évolution des quantités de données produites. En moyenne, chacun de nous générerait déjà 1 Téraoctet (mille milliards de caractères) de données numérisées, ce qui, s’il fallait les imprimer, nécessiterait l’abattage de 50 000 arbres…

En 2020, ce sera seize fois plus, soit 16 To par personne, prédit IBM. En 2011, deux milliards d’internautes brasseront des données numériques sur la Toile, alors que mille milliards d’objets y seront également connectés. Dès cette année, la moitié des datacenters ne pourront pas fournir la puissance électrique ou l’espace, réclamés par l’expansion des systèmes d’informations.

30 nouveaux produits

Concrètement, IBM présente un ensemble de nouvelles solutions, qui exploitent les plus récentes technologies de stockage. Elle sont censées multiplier les capacités, diminuer les exigences en consommation électrique et en espace occupé, améliorer les performances en temps d’accès et en débit, sécuriser l’intégrité des données, la continuité d’exploitation et la reprise sur sinistre, tout en baissant le coût de possession (le fameux TCO pour Total Cost of Ownership).

IBM annonce ainsi le lancement de plus de 30 nouveaux produits et services. On peut citer le système de stockage “low cost” XiV, basé sur une architecture en grille, modulaire et facilement administrable, notamment doté de fonctions d’auto-paramétrage et d’auto-réparation. En milieu de gamme, on découvre le système de stockage DS5000, qui permet notamment d’être reconfiguré “on-the-fly”, c’est-à-dire en cours d’utilisation.

Un nouveau logiciel de virtualisation de stockage apparaît: le SVC. Il intègre les dernières avancées en ce domaine, comme la consolidation des volumes, l’optimisation énergétique, celle des taux de disponibilité et des débits, la gestion du cycle de vie des informations et la prise en compte des applications critiques.

SOFS (Scale Out File Services) facilite l’optimisation des ressources de stockage en environnement hétérogène, que ces ressources soient locales, hébergées en IBM Delivery Center ou réparties entre les deux.

Déduplication, sauvegarde, sécurisation…panorama à 360°

Des outils logiciels et matériels, notamment issus de Diligent Technologies, acquis en avril dernier, s’attaquent à la déduplication des données: ils pourraient en réduire ainsi le volume d’un facteur supérieur à 25.

La solution Onsite and Remote Data Protection ambitionne d’assurer la sauvegarde et la restitution des données critiques, favorisant la continuité d’exploitation et la reprise sur sinistre.

Les dispositifs de sauvegarde s’enrichissent aussi de la librairie TS3500, qui peut contenir trois fois plus de cartouches dans un même espace, soit environ deux fois mieux que l’offre Sun SL8500, nous précise-t-on.

Le mode RAID 6 est implémenté sur les DS8000, destinés aux grandes bases de données, auxquelles il apporte notamment 50% de capacité de stockage en plus. La sécurisation des données est présentée comme une préoccupation primordiale de la nouvelle stratégie. Elle intègre les unités de sauvegarde DR550 et TS1130, qui permettent de “protéger et d’archiver plus d’informations à moindre coût”.

L’administration des droits d’accès aux informations bénéficie d’une nouvelle version de Tivoli, TKLM (Tivoli Key Lifecycle Management), et de ses fonctions d’automatisation de procédures sécurisées. Enfin, évoquons l’hyperviseur RMIS (Remote Management Infrastructure Services), qui permet de suivre la sécurisation et l’optimisation de l’ensemble des infrastructures IT de l’entreprise.

Toutes ces nouvelles offres IBM résultent de travaux menés en interne, ainsi que de l’acquisition des sociétés XiV, Diligent, Cognos, Arsenal, Optim, Files X, Softek et NovusCG.

Des centres d’aide pour les clients

Pour que les clients s’y retrouvent dans son initiative pléthorique, IBM ouvre des centres d’aide à l’adoption de “solutions et meilleures pratiques”. Ces centres mobilisent plus de 500 ingénieurs et experts, à travers les Etats-Unis et l’Europe.

Le constructeur accompagne aussi ses nouvelles offres, par les solutions de financement dédiées, IBM Global Financing. Des taux de 4,6% sur l’achat de hardware, 4,8% sur le software et 6,3% sur les services sont ainsi annoncés, à l’adresse de clients éligibles.

IBM assure la pérennité de sa nouvelle stratégie, en s’appuyant sur ses incubateurs de technologies dites de prochaine génération. Performances et efficacité records, archivage à long terme, ainsi que déploiement d’unités de stockage à mémoire Flash, SSD (Solid State Disk), sont notamment au programme. Au total, l’initiative de la compagnie vise à aborder toutes les applications du stockage de données, des mobiles au cloud computing.


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