Sun reprend l’initiative

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Pour retrouver le chemin de la croissance et de la profitabilité, Sun se positionne comme fournisseur complet des centres de données, tant au niveau des équipements que des logiciels. Première concrétisation : des serveurs lames associés à sa technologie d’administration N1.

Sun Microsystems devait présenter lundi 10 février plusieurs nouveautés ayant trait à l’équipement des centres de données. Il s’agit en particulier de serveurs lames, concept de serveurs ultra-légers et compacts réunissant l’ensemble des composants sur la même carte mère, que Sun associe à sa nouvelle technologie d’administration de réseaux, baptisée N1, ainsi qu’il l’avait annoncé il y a quelques semaines (voir édition du 11 décembre 2002). Présentée fin novembre lors du Comdex (voir édition du 20 novembre 2002), la technologie N1 vise, rappelons-le, à fournir une interface conviviale permettant d’administrer un environnement hétérogène quelconque, composé de tout type de matériels (PC, serveurs, commutateurs…) et logiciels connectés à un réseau d’entreprise, l’ensemble de ces ressources étant dites virtualisées. Les premiers serveurs lames de Sun seront disponibles d’ici deux mois. Originalité : ils seront équipés de ses processeurs Ultrasparc alors que ceux de ses concurrents sont dotés d’une architecture Intel. Des serveurs lames Intel seront toutefois commercialisés d’ici le mois de juin. Intégrer logiciels et matérielsPlus généralement, l’idée d’associer matériel et logiciel, de contrôler la chaîne de valeur, du processeur au système d’exploitation et aux logiciels d’administration, est l’axe stratégique majeur choisi par Sun pour s’imposer face à ses concurrents en vue d’équiper les data centers ou centres de données des entreprises. L’objectif est d’être leur interlocuteur unique dans ce domaine.C’est également cette stratégie qui devrait ramener Sun sur le chemin de la profitabilité, l’activité d’édition de logiciels produisant plus de marge que la fourniture d’équipements. Elle s’oppose à celle d’IBM qui dégage l’essentiel de sa marge sur la prestation de services, via IBM Global Services. C’est ce qui fait dire à un des dirigeants de Sun, selon des propos rapportés par le magazine américain Forbes  : “Nous résolvons les problèmes informatiques des entreprises par des solutions technologiques là où IBM tente de les résoudre en y mettant beaucoup de monde”, sous-entendu coûtant fort cher aux entreprises. Clarification stratégiqueReste à convaincre les clients potentiels car il est incontestable que Sun, à l’inverse d’IBM, est en fort mauvaise posture financièrement, et ce depuis déjà de nombreux trimestres. Sun a du mal à se remettre de l’effondrement de la bulle Internet et des faillites en cascade de start-up qui ont suivi. Celles-ci, en effet, s’étaient massivement équipées auprès de Sun, à la fin des années 1990, en serveurs Unix ; Sun, du même coup, accumulait trimestre après trimestre croissance et bénéfices. Depuis s’est ajoutée la crise générale des investissements informatiques des entreprises. En plus de ce retournement conjoncturel, le constructeur doit en outre faire face à des innovations technologiques qui menacent de le faire vaciller sur ses bases : il s’agit de la montée en puissance accélérée de Linux, que d’aucuns présentent comme le successeur des Unix propriétaires. En attendant, Linux s’impose en entreprise, associé à des architectures Intel, au moins sur le segment des serveurs d’entrée de gamme.Dans ce contexte chahuté, alors que ses principaux concurrents, IBM en tête, ont pris fait et cause pour Linux, Sun a longtemps réaffirmé la supériorité absolue de Solaris, son Unix propriétaire, associé à son microprocesseur Ultrasparc. Position dogmatique, éloignée de la réalité du marché, que Sun a toutefois assouplie en se lançant dans la commercialisation de serveurs Intel sous Linux.En résumé, Sun semble désormais sorti d’un certain flou stratégique et est donc en position de remonter la pente. Ce qui est incontestablement à sa portée car, outre ses atouts techniques, une de ses grandes forces réside dans l’étendue de sa base installée et sa fidélité.


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