Sur Babyloan.org, les internautes font “micro” crédit

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Le Web peut être un lieu d’entre aide. Le tout récent site Babyloan.org le prouve. Sa spécialité ? Le microcrédit aux entrepreneurs des pays du Sud.

Une cyber banque communautaire où les prêteurs sont les internautes et les bénéficiaires des entrepreneurs des pays en développement dans l’impossibilité d’obtenir un emprunt de la part des institutions bancaires traditionnelles, ça existe.

Le site peer-to-peer de microcrédits Babyloan.org a organisé mercredi dernier ses premières “rencontres”. Un après-midi de débats et de conférences sur la micro finance. “Nous voulions faire un pont entre les institutionnels et le grand public”, affirme Arnaud Poissonnier, co-fondateur de Babyloan.org, outil pédagogique et de collecte à la fois. “Nous allons renouveler l’expérience tous les ans”.

Ouvert depuis début septembre, Babyloan.org propose aux internautes de prêter plusieurs dizaines ou centaines d’euros à un bénéficiaire de leur choix. “Nous travaillons en partenariat avec trois institutions de micro finances (IMF), le réseau Oxus de l’ONG Acted (Agency for Technical Cooperation and Development), Horus et Entrepreneurs du monde qui acceptent et choisissent les bénéficiaires sur le terrain”, explique Arnaud Poissonnier.

En un mois et demi, 60 entrepreneurs ont reçu des financements

Plusieurs internautes sont déjà, par l’intermédiaire de Babyloan.org, venus en aide à une loueuse de robe de mariées au Tadjikistan, à une fabricante de perruques au Bénin ou encore à une vendeuse de poulets au Cambodge. Les prêteurs reçoivent ensuite régulièrement des nouvelles de l’entreprise qu’ils ont financée.

En un mois et demi, 500 internautes membres ont sponsorisé les projets de soixante bénéficiaires. L’encours de crédit total de Babyloan est aujourd’hui compris entre 16 000 et 17 000 euros représentant 53 euros en moyenne par internaute.

“Nous avons aussi fait en sorte que les bénéficiaires ne se retrouvent pas à attendre et à dépendre de la bonne volonté des internautes. Babyloan est un outil de parrainage par refinancement. C’est-à-dire que les IMF font une avance aux bénéficiaires en passant par la Banque mondiale et Babyloan transmet les fonds des internautes aux IMF qui s’engagent, par contrat, à les redistribuer à l’activité choisie”, précise Arnaud Poissonnier.

Des prêts gratuits de la part des internautes

Le co-fondateur de Babyloan est également membre du conseil d’administration d’Acted depuis 2005 où il s’est tout particulièrement occupé de la partie micro-finance de l’ONG avec Oxus. En 2006, Arnaud Poissonnier découvre le site américain de microcrédit Kiva et a l’idée de développer le même outil en France pour Oxus.

Un an plus tard, la réflexion sur le projet commence. “Pendant six mois nous avons alors traité les aspects de faisabilité, de financement et de réglementation”, se souvient Arnaud Poissonnier. Par exemple, il faut savoir que les prêts des internautes sur Babyloan.org sont gratuits. Ces derniers ne collectent pas d’intérêts auquel cas, d’un point de vue juridique, ils exerceraient une activité bancaire et devraient le déclarer.

Une fois remboursés, les internautes peuvent tout simplement récupérer leur mise de départ ou prêter à nouveau cette somme à un nouvel entrepreneur présenté sur le site Web.

Ce n’est qu’un début

En mars 2008, la société ABC Micro Finance, constituée pour le projet Babyloan, démarre la mise en place du site Web. C’est Octo Technology qui est en charge de la construction de Babyloan.org. Un cabinet conseil spécialisé dans l’architecture des systèmes d’information déjà connu d’Arnaud Poissonnier : “nous avons travaillé ensemble à la création d’Oxus et au développement d’un logiciel de suivi de microcrédit, Octopus”.

Cette application a été améliorée pour fonctionner avec la plate-forme Web. Babyloan propose d’ailleurs à ses IMF partenaires d’adopter Octopus gratuitement. Une solution qui leur facilite la saisie des données des bénéficiaires sur le terrain.

Dans l’avenir, Babyloan compte naturellement multiplier les partenariats avec les IMF pour couvrir un plus grand nombre de zones géographiques.Arnaud Poissonnier espère “atteindre sept ou huit millions d’euros d’encours de crédit d’ici trois ans”.


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