Swatch Bellamy : une montre analogique avec système de paiement mobile NFC

Mobilité
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Swatch vient de dévoiler la « Swatch Bellamy », une montre oscillant entre smartwatch et modèle analogique qui est pourvue d’un système de paiement mobile. Premier marché ciblé : la Chine.

Swatch a levé le voile sur sa smartwatch baptisée « Swatch Bellamy » à Shangai.

Le nom est en référence à Edward Bellamy, écrivain et journalise américain rendu célèbre par le roman utopique « Cent ans après ou l’An 2000 » publié en 1888. Dans sa vision des années 2000, il anticipe une société utilisant des cartes de paiement en lieu et place de la monnaie fiduciaire.

Nicolas Hayek, CEO du groupe horloger suisse, avait donné annoncé un lancement en août dernier et il aura donc fallu attendre deux mois supplémentaires pour découvrir la montre « intelligente » de Swatch.

Intelligente car elle est dotée de l’électronique nécessaire à l’exploitation de la technologie radio en champ proche NFC (Near Field Communication). C’est cette même technologie qui équipe les iPhone 6 et 6S ainsi que l’Apple Watch pour Apple Pay, le système de paiement mobile d’Apple.

Et de paiement mobile, il est d’ailleurs exclusivement question avec la Swatch Bellamy. La société a fait le pari de la rendre un peu moins « smart » que ses concurrentes et de ne pas la connecter à internet. Pour des raisons de sécurité lors des transactions bancaires mais aussi pour des raisons de coût.

La montre sera en effet commercialisée au tarif de 580 yuans (l’équivalent de 80 euros). A ce prix, outre la possibilité de l’utiliser pour effectuer des paiements bancaires dès janvier 2016 en chine, il s’agit d’une montre analogique (cadran à aiguilles et système intégré à oscillateur à quartz). Swatch la décline en quatre finitions.

Contrairement à ce qu’il fut avancé un temps, le dispositif NFC ne niche pas dans le bracelet mais bien dans le corps de la montre. Celle-ci devrait être dotée d’une autonomie de 9 mois grâce à une pile qu’il faudra donc changer, si l’on s’en tient à ce que le CEO avait avancé auparavant.

Pour l’occasion, Swatch a noué un partenariat avec l’institut bancaire chinois Bank of Communications. Classée dans le top 5 des grandes banques du pays, elle est aussi l’une des plus anciennes et elle bénéficie d’un important réseau d’agences en Chine.

Avec la Swatch Bellamy, il sera possible d’effectuer des achats dans les magasins qui sont équipés des machines de l’organisme China UnionPay (CUP) qui regroupe quelques 165 instituts financiers chinois, dont la Bank of Communications.

Si la Swatch Bellamy reste pour l’heure cantonnée au marché chinois, Nicolas Hayek a pris soin d’indiquer qu’elle sera commercialisée en Suisse et aux Etats-Unis au premier trimestre 2016.

Le marché chinois apparaît comme un eldorado pour les horlogers puisqu’il représente 50% du marché mondial des montres (en termes de valeur), indique Luca Solda, responsable des biens de luxe au sein de la société d’investissement Exane BNP Paribas.

Le marché des smartwatches s’annonce aussi florissant : 10 milliards de dollars d’ici 2018 selon une étude CitiGroup. La moitié de l’offre sera proposée par des fabricants traditionnels de montres ayant effectué le virage des accessoires connectés. Avec un ancrage dans le paiement mobile, il permet aussi à certains acteurs de ce domaine d’investir un nouveau domaine.

Le groupe basé à Bienne (en suisse) s’était déjà lancé dans le domaine des montres connectées avec la Swatch Touch Zero One dévoilée début mars.

Mais, cette annonce intervient aussi alors que Tag Heuer (horloger suisse de luxe, filiale de LVMH) vient de faire le teasing pour sa smartwatch qui sera dévoilée le 9 novembre 2015.

Montblanc, filiale de Richemont, a opté pour un bracelet connecté destiné à une montre traditionnelle tandis que Tissot et Omega (filiales de Swatch) seraient également à pied d’oeuvre pour lancer des montres connectées.

(Crédit photo @Swatch)


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