Taxis vs VTC : tirs nourris contre Uber

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En Europe, la grogne des chauffeurs de taxis monte à l’encontre des pratiques d’Uber. En France, la concurrence des VTC (voitures de tourisme avec chauffeur) est jugée déloyale.

Londres, Paris, Barcelone…Uber crispe les taxis de grandes villes européennes. La tension est montée d’un cran hier avec une certaine coordination pour gagner en visibilité. Un mouvement de contestation des chauffeurs de taxis était observé au niveau européen pour dénoncer les pratiques jugées déloyales de la société Internet californienne, qui développe une application mettant en relation des chauffeurs privés avec des clients.

En fait, Uber symbolise le conflit opposant les conducteurs de taxis traditionnels aux chauffeurs et les VTC (voitures de tourisme avec chauffeur).

Ainsi, à Paris, environ 500 taxis ont montré hier (11 juin) leur mécontement en organisant des opérations escargots à partir des deux principaux aéroports parisiens (Roissy et Orly) en direction de Paris. On signale également quelques pertubations dans certaines villes de province.

A l’antenne de Radio Classique ce matin, Yann Ricordel, Directeur général des Taxis Bleus, dénonçait le “coup d’Etat de la part de Google sur le marché des taxis”. Tout en reconnaissant qu’il fallait réformer le système des licences des taxis inadaptés à la nouvelle donne du marché français.

Même au sein la “famille VTC”, des coups sont portés contre le comportement d’Uber, “qui ne respecte pas de manière délibérée les règlementations en vigueur (…) et qui continue d’utiliser un compteur kilométrique à son application” selon le start-up française AlloCab (alors que les VTC sont sensés travailler des facturations forfaitaires).

Michel Sapin : Uber ne paie pas d’impôts en France

Dans quelle mesure Google est pointé du doigt ? C’est l’un des principaux soutiens financiers d’Uber via son fonds institutionnel. Et la frustration risque d’augmenter. La société Internet californienne, co-fondée en 2009 par Travis Kalanick et Garrett Camp, a annoncé en fin de semaine dernière une levée de fonds record de 1,2 milliard de dollars.

A l’antenne de BFM TV cette fois-ci, Michel Sapin abordait le débat sous l’angle de “l’optimisation fiscale”. Le ministre des Finances considère qu’il est inacceptable qu’Uber ne paie pas d’impôt en France. Mais c’est une question de fiscalité harmonieuse à mettre en place en Europe. En faisant payer les multinationales dans les pays à partir desquels les revenus sont générés, estime le représentant du gouvernement.

Dans cette bataille d’influence, Uber joue la carte de la communication en proposant aux internautes des réductions sur les déplacements effectués par son propre réseau VTC.

Entre la grève SNCF et la grogne des chauffeurs de taxis, les Parisiens cherchent naturellement des moyens alternatifs pour se déplacer. Il n’y pas que la vague des VTC qui en profitent. Il y a aussi les services de locations de voitures entre particuliers comme OuiCar.

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